Un outil de formulation, pas de volume
L'autocomplétion est un outil de formulation, pas de volume. Elle montre comment les gens tapent, y compris des tournures trop récentes ou trop rares pour figurer dans un outil de mots-clés. Elle est en revanche localisée, personnalisée et sensible aux tendances, si bien qu'une extraction faite depuis votre navigateur habituel vous renvoie en partie vos propres recherches. Croisez toujours avec une source de volume avant de décider quoi produire.
Comment les prédictions sont construites
Le principe de base est simple : Google identifie des requêtes courantes et montantes qui correspondent à ce que vous commencez à taper, et propose la suite. Ce qui l'est moins, ce sont les facteurs qui décident de l'ordre.
| Facteur | Ce qu'il change | Conséquence pour vous |
|---|---|---|
| La fraîcheur | Une hausse d'intérêt détectée fait apparaître une prédiction montante, même si elle n'est pas la plus courante | Une suggestion en tête de liste peut n'avoir presque aucun volume établi |
| La localisation | Les prédictions diffèrent d'une région à l'autre, y compris à l'intérieur d'un même pays | Une extraction faite depuis Paris ne vaut pas pour un client à Marseille |
| La langue | Orthographes et usages régionaux sont pris en compte | Le français de France et celui du Québec ne donnent pas les mêmes suggestions |
| La longueur de la requête | Sur les requêtes longues, le système prédit des portions plutôt que la requête entière | Cela permet des suggestions sur des formulations très rares |
| Votre activité récente | Les recherches passées influencent les prédictions | Le biais le plus pernicieux, parce qu'invisible |
La phrase qu'il faut retenir. Google écrit que l'autocomplétion ne se contente pas d'afficher les requêtes les plus courantes, et qu'elle diffère de Google Trends et ne doit pas être comparée à cet outil. Autrement dit, l'ordre des suggestions n'est pas un classement de volume. Tous les articles qui présentent l'autocomplétion comme un indicateur de popularité se trompent sur ce point précis, et cette erreur conduit à écrire des pages sur des formulations qui n'ont pas de demande.
Ce qu'elle apporte que les outils n'ont pas
Puisqu'elle ne donne pas de volume, quel est son intérêt ? Il est réel, et il tient en trois points.
Elle donne la formulation exacte. Les outils de mots-clés travaillent sur des bases consolidées et lissent les tournures. L'autocomplétion vous rend le mot du visiteur : « fuite chauffe eau que faire » plutôt que « réparation chauffe-eau ». C'est cette formulation qui doit figurer dans vos titres et vos intertitres.
Elle est immédiate. Une expression qui n'existait pas il y a trois mois figure déjà dans les prédictions alors qu'aucun outil ne l'a encore intégrée. Sur un sujet qui bouge, c'est un avantage décisif.
Elle révèle les questions implicites. Les compléments qui reviennent, prix, avis, danger, alternative, arnaque, disent ce que les gens veulent réellement savoir, et donc quelles sections votre page doit contenir. Voir l'intention de recherche.
Des pages qui répondent vraiment à ce que cherchent vos clients
Je repère les pages à écrire et celles à reprendre à partir des requêtes réelles, je les produis ou je les fais produire, puis je mesure ce qui progresse. C'est le cœur de mes accompagnements mensuels. Comptez de 300 à 1 500 € par mois selon le périmètre.
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La méthode d'extraction, en trois passes
L'objectif est d'obtenir deux cents formulations, là où une seule requête en affiche dix. Trois passes suffisent, et elles se font à la main en une vingtaine de minutes.
- 1. La passe alphabétique
Tapez votre expression, un espace, puis chaque lettre de l'alphabet à la suite. « Chauffe-eau a », « chauffe-eau b », et ainsi de suite. Chaque lettre ouvre un jeu de prédictions différent. C'est la passe la plus productive des trois.
- 2. La passe interrogative
La même expression précédée ou suivie de comment, pourquoi, quand, où, combien, quel, faut-il. Elle fait ressortir les intentions informationnelles, celles qui deviennent des pages de guide plutôt que des pages commerciales.
- 3. La passe à l'astérisque
Placez une astérisque avant ou au milieu de l'expression : « * chauffe-eau », « chauffe-eau * prix ». Google complète alors le début ou le milieu, ce qui produit des formulations que les deux premières passes ne donnent jamais.
Trois précautions rendent l'exercice exploitable : travaillez en navigation privée pour neutraliser votre historique, vérifiez la localisation utilisée par le moteur si le client n'est pas dans votre région, et notez tout dans un tableau plutôt que de sélectionner au fil de l'eau, parce que le tri se fait après.
Ce qu'il faut faire ensuite, et qui est souvent sauté
Une liste de deux cents formulations n'est pas un plan éditorial. Elle devient utile après deux traitements.
Le regroupement par intention. Sur deux cents formulations, il y a rarement plus de quinze intentions distinctes. « Prix chauffe-eau », « combien coûte un chauffe-eau » et « tarif installation chauffe-eau » appellent une seule page. Produire trois pages reviendrait à les faire se concurrencer. C'est le travail décrit dans la création d'un cocon sémantique.
Le croisement avec du volume. Puisque l'autocomplétion ne mesure rien, il faut une seconde source avant de décider quoi produire. Les données de la Search Console si le site a déjà du trafic, un outil de mots-clés sinon. Une formulation qui apparaît en suggestion sans volume mesurable garde son intérêt, à condition de devenir un intertitre dans une page plus large plutôt qu'une page à elle seule.
Les sources voisines, qui se travaillent en même temps
| Source | Ce qu'elle donne | Sa limite |
|---|---|---|
| Autres questions posées | Des questions réelles, déjà formulées, qui se déplient et en génèrent d'autres | Les questions dépliées influencent celles qui apparaissent ensuite : notez au fur et à mesure |
| Recherches associées, en bas de page | Les sujets adjacents, utiles pour trouver les pages sœurs d'un groupe | Plus larges, souvent hors intention |
| Suggestions d'autres moteurs | Des formulations différentes, sur une base d'utilisateurs différente | Volumes plus faibles. Voir les autres moteurs |
| Suggestions des plateformes | La barre de recherche d'une place de marché ou d'une plateforme vidéo révèle un vocabulaire d'achat très différent | Elle ne dit rien de la recherche web |
| Votre moteur interne | Ce que vos visiteurs cherchent chez vous et ne trouvent pas | Sous-exploité presque partout, et souvent le plus rentable |
Les suggestions qu'on ne veut pas voir
Le sujet arrive régulièrement en clientèle, quand une suggestion défavorable apparaît sur un nom de marque ou de dirigeant. Deux choses à savoir avant de promettre quoi que ce soit.
Google supprime certaines prédictions, selon des politiques publiées : celles qui sont violentes, sexuellement explicites, haineuses ou dangereuses, et celles qui sont peu susceptibles de renvoyer vers un contenu fiable, en particulier lors d'événements d'actualité où circulent des rumeurs non confirmées.
Une suggestion simplement gênante n'entre dans aucune de ces catégories. Si des gens cherchent réellement « marque X avis négatifs », la prédiction est légitime et elle restera. Le seul levier honnête est alors de faire exister d'autres formulations, par du contenu qui les mérite et par une visibilité qui les fasse chercher. C'est long, et c'est la seule chose qui fonctionne.
Ce que j'en fais concrètement en début de mission
Vingt minutes d'extraction, avant même d'ouvrir un outil payant. C'est le meilleur rapport entre temps passé et compréhension d'un marché que je connaisse : en vingt minutes, je sais quel vocabulaire emploie le client final, quelles inquiétudes reviennent, et où le vocabulaire de l'entreprise s'écarte de celui de ses acheteurs. Cet écart est presque toujours le premier problème SEO du site, et il n'apparaît dans aucun rapport d'outil. Voir choisir ses mots-clés et la longue traîne.
Questions fréquentes
Sources
- Google, « How Google autocomplete predictions work » : facteurs de génération des prédictions, distinction avec Google Trends et politiques de suppression.
- Google, aide sur les prédictions de la recherche : personnalisation, localisation et signalement d'une prédiction.