Ce qu'il faut retenir

Une erreur 404 ne pénalise pas un site. Google la considère comme un comportement normal du web. Ce qui coûte, c'est ce qu'elle fait perdre au cas par cas : un lien externe qui pointe dans le vide, un visiteur qui repart, une ancienne page qui recevait du trafic. Videz le rapport et vous aurez perdu votre temps. Le vrai travail consiste à trier les trois ou quatre qui méritent une correction parmi les milliers qui n'en méritent aucune.

Le code 404 signifie que l'adresse demandée ne correspond à rien, ce qui est exactement ce qu'un serveur doit répondre quand la page n'existe pas. Le problème commence quand on le traite comme une anomalie à éliminer, ce qui conduit à poser des milliers de redirections inutiles et parfois nuisibles.

Ce qu'une 404 coûte réellement

Panneau d'impasse, image d'une page introuvable

Google a répété à plusieurs reprises que la présence de pages introuvables n'entraîne aucune sanction, et le contraire serait étonnant, puisque le web entier est fait de liens qui vieillissent, de pages supprimées et d'adresses mal recopiées.

Le coût est ailleurs, et il varie énormément d'un cas à l'autre.

Origine de la 404Ce qu'elle coûteCe qu'il faut faire
Une page supprimée qui recevait du traficCe trafic, entièrementRediriger vers l'équivalent le plus proche
Une adresse citée par un lien externeLa valeur de ce lienRediriger, c'est la correction la plus rentable
Un lien interne casséUn visiteur perdu, du budget d'explorationCorriger le lien à la source, pas rediriger
Une adresse jamais liée, jamais visitéeRienRien du tout
Une adresse inventée par un robotRienRien, et surtout pas une redirection

Le lien interne cassé se corrige à la source. Devant un lien interne cassé, le réflexe est de poser une redirection. Le lien reste alors faux dans le contenu, et la redirection masque le problème au lieu de le régler, jusqu'à la prochaine refonte où tout ressort d'un coup. La correction tient en une ligne à modifier dans la page qui porte le lien. Gardez les redirections pour les adresses que vous ne contrôlez pas, celles qui sont chez les autres.

La méthode de tri

Un rapport de pages introuvables est ingérable tel quel. Trois sources permettent de le réduire à une liste actionnable, et il faut les croiser.

  1. Les journaux du serveur. Une adresse en erreur qui reçoit encore des visites réelles est une adresse à traiter. Une adresse que personne ne demande peut rester en 404 indéfiniment. Ce tri écarte l'essentiel du rapport en une heure, et presque personne ne le fait.
  2. L'index de liens entrants. Une adresse citée depuis un autre site mérite presque toujours une redirection, parce que c'est un lien acquis qui pointe dans le vide.
  3. Le rapport d'indexation de la Search Console. Il montre les adresses que Google connaît et trouve en erreur, avec la source de découverte quand elle est identifiable.

Sur un site un peu ancien, ce croisement ramène systématiquement un rapport de plusieurs milliers d'entrées à une trentaine de corrections réelles. Le reste peut être laissé en l'état sans aucune conséquence.

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Ce que doit contenir la page d'erreur

La plupart des visiteurs qui atterrissent sur une page 404 quittent le site dans la foulée. Quatre éléments suffisent à en récupérer une bonne partie.

Une explication claire. Rédigée en français, sans mention du code technique. Le visiteur doit comprendre qu'il n'a pas fait d'erreur et que la page a disparu ou changé d'adresse.

Un champ de recherche. Il manque sur neuf pages 404 sur dix, alors que la personne cherchait quelque chose de précis et qu'il suffit de lui donner le moyen de le retrouver.

Les rubriques principales. Quelques entrées choisies qui couvrent l'essentiel du site, sans reproduire le menu complet.

Un ton normal. Les pages 404 humoristiques ont eu leur époque. Elles amusent le concepteur et agacent la personne qui cherchait une information.

Reste un point technique que le graphiste ne verra jamais : cette page doit renvoyer un vrai code 404. Une page d'erreur qui répond comme si tout allait bien empêche Google de comprendre que le contenu a disparu, et l'adresse reste dans l'index avec un contenu qui n'a rien à voir.

Les soft 404, un code de réussite sur une page vide

Ce défaut de configuration brouille des rapports d'indexation entiers, et il arrive presque toujours sans que personne l'ait décidé.

Une soft 404 est une page qui affiche un message d'erreur, ou un contenu vide, tout en renvoyant un code de réussite. Google le détecte et l'exclut de l'index en la signalant comme telle.

Trois configurations la produisent régulièrement. Une page de catégorie vide, qui affiche « aucun résultat » avec un code normal. Une fiche produit épuisée qui reste accessible sans contenu. Et une page d'erreur mal configurée par le CMS, qui affiche le bon message avec le mauvais code.

La correction consiste à faire correspondre le code à la réalité : erreur pour une page qui n'existe pas, réussite pour une page qui existe mais qui est vide, avec dans ce dernier cas un contenu qui justifie son existence.

Quand préférer un 410

Le code 410 dit que la page a existé et qu'elle a été supprimée délibérément. C'est une information plus forte que le 404, qui laisse ouverte la possibilité d'un problème temporaire.

En pratique, Google traite les deux de façon très proche, avec une désindexation un peu plus rapide sur le 410. Il devient utile dans trois cas : une offre d'emploi pourvue, un produit définitivement arrêté sans remplaçant, une page supprimée volontairement après un nettoyage.

C'est aussi la bonne réponse quand on ne veut surtout pas rediriger. Sur un nettoyage de site où l'on supprime des centaines de pages sans valeur, le 410 assume la décision là où une redirection vers une page sans rapport la déguiserait. Le choix entre les trois options est détaillé sur ma page consacrée à la redirection 301.

Quand le volume devient un vrai symptôme

Trois configurations font exception, où le nombre lui-même signale un problème. Ce qui les trahit tient à la forme des adresses concernées, pas à leur quantité.

Des milliers d'adresses avec des paramètres. Quand le rapport se remplit d'adresses portant des variantes de filtres ou de tri, la 404 n'est que la conséquence d'un site qui génère des adresses en nombre illimité. La correction se fait à la source, dans la façon dont les filtres construisent les liens.

Un pic soudain après une mise en ligne. Il désigne presque toujours un plan de redirections incomplet, et il faut le traiter en urgence. C'est le symptôme numéro un d'une refonte mal migrée.

Des adresses qui n'ont jamais existé sur le site. Elles viennent de robots qui testent des chemins d'administration connus, ou de campagnes de recherche de failles. Il n'y a rien à corriger de ce côté, sinon à filtrer ces tentatives du rapport, où elles finissent par masquer les vraies erreurs.

Dans les trois cas, l'action porte sur la cause et jamais sur les adresses une par une. Corriger trois mille lignes à la main occupe une semaine et laisse le générateur d'adresses tourner.

Prévenir plutôt que corriger

Trois habitudes suffisent à réduire de beaucoup le volume de pages introuvables sur un site vivant.

Ne jamais changer une adresse sans redirection. Un titre modifié dans un CMS peut suffire à changer l'adresse d'une page. La plupart des systèmes savent poser la redirection automatiquement, encore faut-il que l'option soit activée.

Vérifier les liens internes après chaque publication. Un crawl mensuel suffit à repérer les liens cassés avant que quiconque ne tombe dessus.

Traiter les liens externes cassés comme une opportunité. Une adresse morte de votre site citée ailleurs est un lien acquis qui ne rapporte plus. Une redirection le remet en service, et c'est l'une des corrections les moins chères qui existent.

Questions fréquentes

Les erreurs 404 pénalisent-elles un site ?
Non, pas en elles-mêmes. Google considère qu'une page introuvable est un comportement normal du web et n'applique aucune sanction. Ce qui coûte, c'est ce que la 404 fait perdre au cas par cas : un lien externe qui pointe dans le vide, un visiteur qui repart, une page qui recevait du trafic.
Comment savoir quelles 404 corriger ?
En les triant par ce qu'elles coûtent. Une adresse qui reçoit des liens externes ou qui apparaît encore dans les journaux du serveur mérite une redirection. Une adresse générée par erreur, jamais liée et jamais visitée, ne mérite rien du tout, et la corriger fait perdre du temps.
Que doit contenir une page 404 personnalisée ?
Une explication claire, un champ de recherche, les liens vers les rubriques principales, et un chemin de retour évident. Elle doit surtout renvoyer un vrai code 404, car une page d'erreur qui répond comme si tout allait bien empêche Google de comprendre que le contenu a disparu.
Qu'est-ce qu'une soft 404 ?
Une page qui affiche un message d'erreur ou un contenu vide tout en renvoyant un code de réussite. Google la détecte et l'exclut de l'index en la signalant comme telle. C'est un défaut de configuration fréquent sur les CMS, et il brouille tout le rapport d'indexation.
Faut-il rediriger toutes les 404 vers l'accueil ?
Non, c'est l'erreur la plus courante. Une redirection vers une page sans rapport est traitée comme une page introuvable déguisée, et elle prive le visiteur de l'information qu'il cherchait. Sans équivalent réel, il vaut mieux servir une bonne page 404 qu'une redirection trompeuse.

Sources