L'essentiel, en trois lignes

La 301 dit « cette page a définitivement déménagé ici » et reporte les signaux sur la nouvelle adresse. Trois règles suffisent à éviter l'essentiel des accidents : une seule étape, jamais de chaîne ; vers l'équivalent réel, jamais vers l'accueil ; et on les garde, indéfiniment.

Le bon code selon la situation

Le choix du code n'est pas un détail administratif : il dit au moteur quoi faire de l'ancienne adresse et de sa valeur accumulée.

CodeCe qu'il signifieQuand l'employer
301 Déplacement permanent La page a changé d'adresse pour de bon. Le cas courant à 95 %
302 Déplacement temporaire Une redirection réellement provisoire : maintenance, test, opération saisonnière
404 Page introuvable La page n'existe plus et rien ne la remplace. Ce n'est pas une faute
410 Page supprimée définitivement Retrait volontaire et assumé. Plus explicite qu'une 404, souvent traitée plus vite
Canonique Version de référence Les deux adresses doivent rester accessibles aux visiteurs

L'erreur la plus fréquente sur ce tableau est l'usage de la 302 pour un déplacement définitif, souvent par défaut de configuration. Le moteur conserve alors l'ancienne adresse comme référence et continue de l'afficher, parfois pendant des mois, ce qui donne l'impression que la migration n'a pas été prise en compte.

Les trois erreurs qui coûtent du trafic

1. La redirection massive vers l'accueil

C'est de loin la plus destructrice, et elle part souvent d'une bonne intention : éviter les pages introuvables. Le raisonnement est faux. Une redirection vers l'accueil ne répond pas à la demande du visiteur, qui cherchait une page précise. Elle est traitée comme une page introuvable déguisée, et la valeur de l'ancienne page est perdue.

La règle est simple : chaque page redirige vers son équivalent réel. Quand aucun équivalent n'existe, assumez la 404 ou la 410. Une page introuvable honnête vaut mieux qu'une redirection trompeuse.

2. Les chaînes de redirections

Une adresse redirige vers une deuxième, qui redirige vers une troisième. Chaque saut ajoute une étape, ralentit le chargement pour vos visiteurs et retarde la prise en compte par le moteur.

Ces chaînes se forment toutes seules après plusieurs refontes successives : la migration de 2022 redirige vers l'adresse de 2024, qui redirige vers celle d'aujourd'hui. Personne ne les crée volontairement, et personne ne les nettoie non plus. Aplatissez-les : chaque ancienne adresse doit pointer directement vers la destination finale, en une seule étape.

3. La boucle

La page A redirige vers B qui redirige vers A. Le navigateur abandonne après quelques tentatives et la page devient totalement inaccessible. C'est brutal mais au moins ça se voit immédiatement, contrairement aux deux erreurs précédentes.

Le contrôle qui prend deux minutes

Lancez un crawl avec Screaming Frog et ouvrez l'onglet des codes 3xx. Toute chaîne de plus d'un saut apparaît immédiatement, ainsi que les redirections vers des pages qui n'existent plus. Sur un site ayant connu deux refontes, il y en a presque toujours, et personne ne le sait.

Technique

Vos redirections tiennent-elles la route ?

Chaînes accumulées, boucles, renvois massifs vers l'accueil : après deux ou trois refontes, un plan de redirections devient rarement propre tout seul.

Faire auditer mes redirections

Aplatissement des chaînes et contrôle adresse par adresse.

Où et comment les poser

Plusieurs niveaux sont possibles, et ils n'ont pas le même coût.

Mon générateur de redirections produit les règles à partir d'un simple tableau de correspondance, ce qui évite les erreurs de saisie sur les gros volumes.

Combien de temps les garder

La question revient systématiquement, et la réponse courte est : indéfiniment.

Une redirection ne coûte pratiquement rien à conserver. La retirer, en revanche, casse trois choses d'un coup : les liens externes qui pointent encore vers vos anciennes adresses, parfois des années après ; les favoris de vos visiteurs fidèles ; et les liens présents dans vos anciens courriels ou documents.

Le seul entretien légitime est l'aplatissement des chaînes. Supprimer des redirections pour « faire propre » est une fausse bonne idée qui se paie en trafic perdu, souvent sans qu'on fasse le lien avec l'opération.

Le cas de la migration

C'est là que les redirections jouent leur rôle le plus critique. Le document central d'une migration ou d'une refonte est le tableau de correspondance : une ligne par ancienne adresse, avec sa destination.

Il se construit avant la bascule, jamais après, à partir de trois sources croisées : un crawl complet de l'ancien site, l'export de la Search Console sur 16 mois, et le sitemap existant. Les trois, parce qu'aucune n'est exhaustive : la Search Console révèle des pages que le crawl ne trouve pas, typiquement des pages orphelines qui reçoivent pourtant du trafic.

Après la bascule, testez un échantillon dans l'heure, puis surveillez les erreurs d'exploration pendant plusieurs semaines. Les redirections oubliées se manifestent surtout après quelques jours, quand le moteur revient sur des adresses qu'il n'avait pas visitées depuis longtemps.

Questions fréquentes

Quelle différence entre une redirection 301 et 302 ?
La 301 est permanente : elle indique que la page a définitivement changé d'adresse, et les signaux se reportent sur la nouvelle. La 302 est temporaire : l'ancienne adresse reste la référence et Google continue de l'afficher. Utiliser une 302 pour un déplacement définitif est une erreur classique, qui laisse le moteur sur l'ancienne version pendant des mois.
Peut-on rediriger toutes ses anciennes pages vers l'accueil ?
C'est possible techniquement et c'est une très mauvaise idée. Une redirection massive vers l'accueil est traitée comme une page introuvable déguisée, parce que la destination ne répond pas à la demande initiale. Chaque page doit pointer vers son équivalent réel ; sans équivalent, mieux vaut assumer une 404 ou une 410.
Combien de temps faut-il conserver une redirection ?
Indéfiniment, ou au minimum un an. Elles ne coûtent presque rien à maintenir, alors que les retirer casse les liens externes qui pointent encore vers vos anciennes adresses, parfois des années après, ainsi que les favoris de vos visiteurs. Le seul nettoyage justifié est l'aplatissement des chaînes accumulées après plusieurs migrations.
Une redirection fait-elle perdre de la valeur ?
Une redirection permanente unique transmet l'essentiel des signaux vers la nouvelle adresse. Le problème vient des chaînes : chaque saut supplémentaire ajoute une étape et retarde la prise en compte. Une chaîne de trois ou quatre sauts, fréquente après plusieurs refontes successives, mérite d'être aplatie pour pointer directement vers la destination finale.
Faut-il rediriger une page supprimée sans équivalent ?
Non, et c'est contre-intuitif. Si aucune page ne répond au besoin du visiteur, la 404 ou la 410 est la réponse honnête. Rediriger vers une page approximative dégrade l'expérience et n'apporte rien. Un site qui renvoie des 404 sur des pages réellement supprimées n'a aucun problème : ce qui pose problème, ce sont les 404 sur des pages qui recevaient du trafic.
Combien de temps Google met-il à prendre en compte une 301 ?
De quelques jours à plusieurs semaines selon la fréquence à laquelle vos pages sont explorées. Une page importante et souvent visitée par le robot est traitée rapidement, une page profonde peut attendre longtemps. Vous pouvez accélérer les adresses prioritaires avec l'inspection d'URL, mais l'essentiel se joue sur la patience et sur la propreté du plan de redirections.