L'ordre des quatre blocs, et pourquoi il ne change pas

1. L'indexation : savoir quelles pages existent pour Google. 2. La technique : lever ce qui bloque. 3. Le contenu : ce que les pages disent et à qui elles s'adressent. 4. La popularité : ce qui vous distingue des concurrents. Analyser le contenu d'une page non indexée, ou acheter des liens vers un site que Google explore mal, revient à traiter le symptôme en laissant la cause.

Ce qu'un audit doit produire

Loupe posée sur des documents, image de l'audit

La fin détermine tout le reste. Un audit réussi produit un plan d'action hiérarchisé, où chaque ligne dit quoi faire, qui le fait, et comment on saura que c'est fait.

Un audit ne doit pas être un document de quatre-vingts pages qui recense tous les défauts sur le même plan. J'en ai lu beaucoup, et ils partagent le même sort. Personne ne sait par où commencer, alors personne ne commence. Un audit de vingt pages dont trois lignes sont marquées « à faire cette semaine » vaut infiniment mieux.

La restitution compte autant que le document. Un audit envoyé par courriel sans échange finit dans un dossier partagé. Une heure de discussion sur les priorités et les contraintes réelles de l'équipe change ce qui sera effectivement corrigé.

Bloc 1 : l'indexation

C'est le point de départ. Trois nombres à comparer entre eux, puis trois contrôles qui expliquent les écarts.

ContrôleOù le trouverCe qui doit alerter
Nombre de pages du siteUn crawl completUn nombre très supérieur à ce que le client annonce, car il existe des pages que personne ne connaît
Pages soumises dans le plan du siteLe fichier sitemap.xmlUn plan figé, incomplet, ou contenant des pages redirigées
Pages effectivement indexéesSearch Console, rapport IndexationUn écart important avec le nombre de pages utiles
Motifs de non-indexationSearch Console, détail par motif« Découverte, actuellement non indexée » en masse, signal de qualité perçue
Pages indexées qui ne devraient pas l'êtreRecherche site: et crawlRecherche interne, filtres, pages de test, préproduction
Directives d'explorationrobots.txt et balises meta robotsUn blocage hérité d'une mise en ligne, oublié depuis

Le motif « découverte, actuellement non indexée » signifie que Google connaît l'adresse et a décidé de ne pas l'indexer. Rien de technique là-dedans. Google a jugé la page, et cela se traite par le contenu. Voir l'indexation et le contenu mince.

Bloc 2 : la technique

Le crawl fournit ici la quasi-totalité de la matière. Les seuils ci-dessous ne sont pas des règles, mais les points à partir desquels je regarde de plus près.

PointSeuil d'alerteEffet quand c'est mauvais
Profondeur des pagesPlus de 4 clics depuis l'accueilPages peu explorées, peu de valeur transmise
Erreurs 404 recevant du traficToute page 404 avec des liens entrantsValeur perdue, visiteurs perdus. Voir erreur 404.
Chaînes de redirectionPlus d'un sautExploration ralentie, transmission dégradée
Titres en doublePlus de 5 % des pagesGabarit mal configuré, pages concurrentes
Balise canoniqueAbsente, ou pointant vers une page redirigéeGoogle choisit lui-même la version de référence
Temps d'affichage mobilePlus de 3 secondesAbandons avant affichage. Voir Core Web Vitals.
Poids d'une pagePlus de 2 MoPresque toujours les images
Contenu dépendant du JavaScriptTexte absent du HTML initialIndexation retardée ou partielle
Cohérence HTTPS et redirections d'hôtePlusieurs versions accessiblesQuatre variantes du même site, chacune diluant les signaux

Bloc 3 : le contenu

C'est le bloc le plus long, celui qu'aucun outil ne fait à votre place, et celui qui produit le plus de gains sur un site déjà en ligne.

  1. 1. Croiser le crawl et la Search Console

    Chaque page reçoit ainsi ses impressions, ses clics et sa position moyenne sur seize mois. C'est le tableau central de l'audit, et tout le reste en découle.

  2. 2. Isoler les pages entre la 5e et la 15e place

    La zone la plus rentable du site, avec des pages déjà comprises par Google auxquelles il manque peu de chose.

  3. 3. Isoler les pages à impressions sans clics

    Problème de titre ou de description, pas de classement. Corrections rapides, effet en quelques semaines. Voir balise title.

  4. 4. Chercher la cannibalisation

    Deux pages du même site qui reçoivent des impressions sur la même requête se concurrencent. À fusionner, ou à différencier nettement.

  5. 5. Repérer les pages sans aucune impression

    Sur seize mois, une page qui n'a jamais reçu la moindre impression n'existe pour personne. Trois issues : approfondir, fusionner, supprimer.

  6. 6. Contrôler l'adéquation à l'intention

    Pour les dix pages les plus importantes, comparer le format de la page à ce que Google affiche réellement sur la requête. Voir intention de recherche.

Bloc 4 : popularité et maillage

Deux sujets distincts, souvent traités ensemble parce qu'ils répondent à la même question : où va la valeur dans le site, et d'où vient-elle.

Audit

Un audit fait par quelqu'un, pas par un outil

Le crawl est fait avec Screaming Frog, les données viennent de la Search Console, et l'analyse est la mienne. Le livrable est un plan d'action priorisé, avec une restitution commentée, parce qu'envoyer un document sans l'expliquer n'a jamais fait corriger quoi que ce soit.

Voir la prestation d'audit

Déroulé, accès nécessaires et ce que vous recevez.

Prioriser ce qui en sort

Un audit produit facilement soixante constats. Sans hiérarchie, ils ne servent à rien. Je les classe sur deux axes seulement.

Effort faibleEffort élevé
Impact élevéÀ faire cette semaine. Titres des pages à impressions, pages non indexées, liens internes vers les pages stratégiquesÀ planifier. Refonte de gabarit, reprise en profondeur des pages principales, netlinking
Impact faibleÀ faire quand l'occasion se présente. Textes alternatifs, détails de balisageÀ ne pas faire. C'est la case qui consomme les budgets d'audit sans rien produire

Un audit sérieux dit aussi ce qu'il ne faut pas faire, et c'est souvent la partie la plus utile pour une équipe qui a un temps limité.

Les outils, et ce que chacun apporte

OutilCe qu'il donneCe qu'il ne donne pas
Search ConsoleRequêtes, impressions, positions, indexation, sur seize moisCe qui se passe après le clic
Screaming FrogLe site tel qu'un robot le voit : codes, titres, profondeur, redirectionsLe jugement sur la qualité des pages
AnalyticsComportement et conversions par pageLes positions et les requêtes
Majestic ou AhrefsLe profil de liens, le sien et celui des concurrentsCe que Google en fait réellement
Les journaux du serveurCe que Google explore, et à quelle fréquenceRien sur le classement. Voir analyse de logs.
Audit d'une pageUn contrôle rapide et gratuit, page par pageLa vision d'ensemble

Les huit défauts d'un audit raté

Questions fréquentes

Par quoi commence un audit SEO ?
Par l'indexation, toujours. Tant qu'on ne sait pas quelles pages Google connaît réellement et lesquelles il refuse, analyser le contenu ou les liens revient à commenter des pages qui n'existent pas pour lui. Le premier geste consiste à comparer trois nombres : le nombre de pages du site, le nombre de pages soumises dans le plan du site, et le nombre de pages effectivement indexées. Les écarts constatés orientent tout le reste de l'audit.
Combien de temps prend un audit SEO ?
Sur un site de quelques centaines de pages, comptez deux à quatre jours de travail effectif : une demi-journée de collecte, un à deux jours d'analyse, et le reste pour rédiger un plan d'action lisible et le présenter. Les audits livrés en une heure sont des sorties d'outil, et les audits de trois semaines contiennent surtout du remplissage. La partie la plus longue n'est jamais la collecte, c'est l'interprétation.
Un outil automatique suffit-il pour auditer un site ?
Non. Un crawler produit la matière première : codes de réponse, titres en double, profondeur des pages, redirections en chaîne. Il ne dit pas si une page répond à l'intention de recherche, si deux pages se concurrencent, ni quelle correction rapportera le plus. Cette partie est de l'analyse humaine, et c'est elle qui fait la différence entre une liste de défauts et un plan d'action.
À quelle fréquence faut-il auditer un site ?
Pas selon un calendrier, mais selon les événements. Un audit complet se justifie avant une refonte, après une chute de trafic, à la reprise d'un site dont on ignore l'historique, ou avant d'engager un budget conséquent. En dehors de ces situations, un suivi régulier des données suffit largement, et refaire un audit complet chaque année sur un site stable produit surtout un document que personne ne lira.
Que doit contenir le livrable d'un audit ?
Un plan d'action classé par impact et par effort, où chaque ligne indique quoi faire, qui le fait et comment on vérifiera que c'est fait. Un document de quatre-vingts pages qui recense tous les défauts sans hiérarchie est inexploitable. Et une restitution commentée compte autant que le document lui-même, car un audit envoyé par courriel sans discussion finit presque toujours dans un dossier, sans qu'une seule correction ne soit appliquée.
Quels accès faut-il fournir pour un audit ?
La Search Console en priorité, sans laquelle on travaille en aveugle, et l'outil de mesure d'audience pour relier le trafic aux conversions. L'accès aux journaux du serveur est précieux sur un gros site, pour voir ce que Google explore réellement, mais il n'est pas indispensable partout. L'accès au CMS n'est en général pas nécessaire pour analyser : il le devient au moment de corriger.

Sources