Ce qu'il faut faire, en trois lignes

Une canonique autoréférente sur chaque page de la série, jamais vers la page 1. De vrais liens en HTML entre les pages, pas seulement un bouton en JavaScript. Des titres et descriptions distincts pour chaque page. Le reste, y compris rel="next" et rel="prev", n'a plus d'effet chez Google.

L'erreur la plus répandue : la canonique vers la page 1

C'est le conseil que l'on trouve encore partout, et il produit exactement l'inverse de ce qu'il promet.

Une balise canonique déclare : « cette page est un doublon de celle-ci, indexez plutôt l'autre ». Or la page 2 d'une liste n'est pas un doublon de la page 1 : elle contient d'autres éléments. En le déclarant quand même, vous dites à Google que le contenu de la page 2 se trouve sur la page 1, ce qui est faux.

La conséquence est mécanique : le moteur cesse progressivement de traiter les pages suivantes, et les éléments qui ne figurent que sur la page 4 deviennent difficiles à découvrir. Sur un catalogue de deux mille produits paginés par vingt-quatre, cela représente l'immense majorité de la boutique.

La bonne configuration. Chaque page de la série porte une canonique qui pointe vers elle-même : la page 2 vers la page 2, la page 3 vers la page 3. Elles ne sont pas des doublons, elles sont des portions différentes d'une même liste, et il faut le dire ainsi. Voir la balise canonical.

rel next et rel prev : le point sur ce qui a changé

Pendant des années, la recommandation officielle consistait à relier les pages d'une série par les attributs rel="next" et rel="prev" dans l'en-tête. En 2019, Google a indiqué ne plus s'en servir depuis plusieurs années déjà.

Faut-il les retirer ? Inutile de s'en donner la peine : leur présence ne nuit pas, et d'autres agents peuvent encore les exploiter. Mais il ne faut pas compter dessus. Ce qui compte pour Google aujourd'hui, ce sont des liens ordinaires en HTML entre les pages, avec des adresses stables et explorables.

Le corollaire est important sur les sites modernes : un bouton « page suivante » qui déclenche uniquement du JavaScript sans lien réel derrière est un cul-de-sac. S'il n'y a pas de <a href>, il n'y a pas de chemin.

Le traitement correct, point par point

ÉlémentCe qu'il faut fairePourquoi
Balise canoniqueAutoréférente sur chaque pageLes pages ne sont pas des doublons les unes des autres
Liens entre pagesDe vrais liens HTML, numérotésC'est le seul chemin d'exploration vers les éléments lointains
Adresses/categorie/page/2/ ou ?page=2, mais toujours la même formeDeux formes pour la même page créent des doublons réels
TitleDistinct, avec le numéro de pageDes titres identiques signalent un gabarit mal configuré
Texte de présentationSur la première page uniquementRépété à l'identique, il devient le seul vrai contenu dupliqué de la série
IndexationLaisser indexable en généralLe noindex finit par couper le suivi des liens de la page
Plan du siteLes pages de destination, pas les pages de paginationLe plan sert à faire découvrir les fiches, pas les listes
Nombre d'éléments par pageAssez pour limiter le nombre de pages, assez peu pour rester rapideChaque page supplémentaire éloigne les derniers éléments de l'accueil

Le vrai enjeu : la profondeur

Derrière la question de la pagination se cache toujours la même : à combien de clics de l'accueil se trouve le dernier élément de la liste ?

Une catégorie de mille produits paginée par vingt donne cinquante pages. Le produit de la dernière page se trouve alors à une distance considérable de l'accueil, il reçoit très peu de valeur interne et il est exploré rarement, voire jamais. Le problème n'est pas la pagination en elle-même, c'est l'architecture qui rend cette pagination nécessaire.

Trois leviers, dans l'ordre d'efficacité :

E-commerce

La pagination est un symptôme, pas une maladie

Quand une catégorie déborde sur quarante pages, le sujet n'est pas la pagination : c'est l'arborescence. Le découpage en sous-catégories règle le problème et crée au passage des pages qui se positionnent.

Faire auditer la structure

Profondeur, doublons, chemins d'exploration réels.

Défilement infini et bouton « voir plus »

Les deux posent le même problème, sous des formes différentes : le contenu n'existe qu'après une action de l'utilisateur. Ce qui n'apparaît qu'après trois défilements risque de ne jamais être découvert, et personne ne peut partager ni retrouver un état précis de la liste.

La solution est connue et rarement appliquée : conserver de véritables adresses paginées derrière le mécanisme. Le défilement charge la suite pour l'utilisateur, l'adresse se met à jour au fil du chargement, et chaque portion de la liste reste accessible par un lien ordinaire. On garde le confort d'usage sans couper le chemin d'exploration.

Le test tient en dix secondes : ouvrez la page 3 de votre liste dans un onglet neuf, à partir de son adresse seule. Si vous obtenez la page 1 ou une page vide, votre pagination n'existe pas pour un moteur.

Arbitrer selon le type de site

Type de siteCe qui marcheCe qu'il faut éviter
Blog, quelques dizaines d'articlesPagination simple, ou tout sur une pageSe compliquer la vie sur un volume qui ne le mérite pas
Blog importantPagination classique, plus des pages de sujets qui rassemblentCompter sur la seule pagination pour faire découvrir les vieux articles
Commerce, catégorie moyennePagination classique, canoniques autoréférentesLa canonique vers la page 1
Commerce, gros catalogueSous-catégories d'abord, pagination ensuiteQuarante pages dans une seule catégorie
Annuaire ou liste filtrablePagination sur la liste principale, filtres non indexablesLaisser les combinaisons de filtres générer des milliers d'adresses
Application à défilement infiniAdresses paginées derrière le défilementUn chargement sans aucune adresse correspondante

La ligne des filtres mérite une mention particulière : c'est le premier générateur de pages inutiles sur un site marchand. Chaque combinaison de couleur, de taille et de prix produit une adresse, et l'on obtient rapidement des dizaines de milliers de pages quasi identiques qui consomment le budget d'exploration sans rien apporter. Voir aussi contenu dupliqué.

Questions fréquentes

Faut-il mettre une balise canonique vers la page 1 ?
Non, et c'est l'erreur la plus répandue sur ce sujet. Faire pointer la canonique de la page 2 vers la page 1 revient à déclarer que les deux pages ont le même contenu, ce qui est faux : elles listent des éléments différents. Résultat, Google peut cesser d'explorer les pages suivantes et les contenus qui ne figurent que sur la page 4 deviennent difficiles à découvrir. Chaque page paginée doit porter une canonique qui pointe vers elle-même.
Faut-il encore utiliser rel next et rel prev ?
Google a annoncé en 2019 ne plus s'en servir depuis plusieurs années déjà. Les conserver ne nuit pas et reste utile pour d'autres agents, mais elles ne changent rien à la façon dont Google traite votre pagination. Ce qui compte aujourd'hui, ce sont de vrais liens en HTML entre les pages, une canonique autoréférente sur chacune, et des adresses stables et lisibles.
Faut-il mettre les pages 2, 3 et suivantes en noindex ?
En général non, parce qu'une page marquée en noindex finit par voir ses liens moins suivis, ce qui coupe le chemin vers les éléments listés plus loin. Elles n'ont pas vocation à recevoir du trafic direct, mais elles servent de voie d'accès. Le noindex se justifie uniquement quand la pagination crée un volume ingérable de pages quasi identiques, et dans ce cas la vraie réponse est de revoir la structure plutôt que de masquer le symptôme.
Le défilement infini pose-t-il un problème de référencement ?
Oui, dès que le contenu ne se charge qu'au défilement : ce qui n'apparaît qu'après trois défilements risque de n'être jamais découvert, et l'utilisateur ne peut ni partager ni retrouver un état précis de la liste. La solution consiste à conserver de véritables adresses paginées derrière le défilement, mises à jour au fil du chargement, de sorte que chaque portion de la liste reste accessible par un lien classique.
Faut-il proposer une page qui affiche tout ?
Seulement si elle reste utilisable. Une page unique qui affiche l'intégralité d'une liste simplifie l'exploration et concentre les signaux, ce qui est un vrai avantage tant qu'elle reste raisonnable en poids et en temps d'affichage. Au-delà de quelques centaines d'éléments, elle devient lente et illisible, et le remède est pire que le mal : mieux vaut une pagination propre.
Comment éviter le contenu dupliqué entre les pages paginées ?
En ne dupliquant pas ce qui doit rester unique. Le vrai problème n'est pas la liste, qui diffère d'une page à l'autre, mais le texte de présentation de la catégorie répété à l'identique sur chaque page, et surtout le titre et la description strictement identiques. Réservez le texte de présentation à la première page, et distinguez les métadonnées des suivantes en y intégrant le numéro de page.

Sources