Les réglages à faire en premier
Dans cet ordre : permaliens sur le nom de la publication, case de blocage de l'indexation décochée, archives inutiles désindexées, une seule extension SEO, un cache de pages. Ces cinq points couvrent l'essentiel de ce qu'une installation par défaut fait mal. Ils prennent une heure et ils valent plus que trois mois de rédaction sur un site mal configuré.
WordPress a une réputation de bon élève en référencement, qu'il doit entièrement à son écosystème d'extensions et à la documentation disponible. Ses réglages d'origine n'y sont pour rien. Une installation neuve arrive avec une structure d'URL discutable, des archives par date et par auteur dont personne n'a besoin, et une case dans les réglages qui peut rendre le site invisible sans prévenir. Rien de tout cela n'est grave, à condition de le traiter dès le départ.
Les permaliens, à fixer avant la première publication
Le réglage se trouve dans les réglages de permaliens, et la seule option qui tienne dans la durée est celle du titre de la publication seul. Les structures avec la date semblent séduisantes sur un site d'actualité, elles posent deux problèmes durables.
D'abord, un contenu mis à jour trois ans plus tard garde une adresse qui annonce son ancienneté, ce qui pèse sur le taux de clic. Ensuite, corriger cette structure plus tard oblige à rediriger l'intégralité du site, avec le risque de migration qui va avec.
Sur une installation existante, la consigne s'inverse. Si la structure actuelle est mauvaise mais que le site est ancien et bien positionné, on ne touche à rien, parce qu'on échangerait un gain marginal contre le risque d'une migration complète.
La case qui rend un site invisible
Dans les réglages de lecture, une case propose de demander aux moteurs de recherche de ne pas indexer le site. Elle est cochée pendant le développement, et elle reste cochée à la mise en ligne dans un nombre de cas qui m'étonne encore.
Le site disparaît alors de l'index en quelques jours, sans qu'aucune alerte ne prévienne. C'est la première chose que je vérifie devant une chute de trafic inexpliquée, avant même de regarder les redirections. Le contrôle prend cinq secondes et il écarte la cause la plus fréquente des effondrements complets.
Les pages d'archives générées automatiquement
Voilà où se joue l'écart entre une installation soignée et une installation laissée telle quelle, et presque personne ne s'en occupe.
WordPress crée automatiquement une page de liste pour chaque catégorie, chaque étiquette, chaque auteur, chaque mois et chaque année. Sur un site de deux cents articles, cela représente facilement plusieurs centaines de pages supplémentaires, dont la quasi-totalité n'affiche que des extraits déjà publiés ailleurs.
| Type d'archive | Ce que j'en fais | Pourquoi |
|---|---|---|
| Catégories | Indexées, et travaillées comme des pages de rubrique | Avec un texte d'introduction réel, elles se classent sur les requêtes larges |
| Étiquettes | Désindexées dans la quasi-totalité des cas | Elles dupliquent les catégories avec deux articles chacune |
| Archives par date | Désindexées | Personne ne cherche « articles de mars 2024 » |
| Archives d'auteur | Désindexées sur un site à auteur unique, indexées et soignées sur un site à plusieurs plumes | Sur un site à auteur unique, l'archive duplique la page d'accueil du blog |
| Pages de pièce jointe | Désactivées | Elles créent une page par image, sans le moindre contenu |
La règle que j'applique. Une page d'archive mérite d'être indexée si elle apporte quelque chose qu'on ne trouve pas ailleurs : un texte d'introduction propre, un regroupement qui a du sens pour un visiteur, une liste suffisamment fournie. Dans le cas contraire elle dilue le site et consomme du budget de parcours. Le problème tient au nombre de pages faibles, plus qu'à la duplication au sens strict.
Les pages de pièce jointe surprennent souvent, parce qu'on ne les voit nulle part dans l'administration. WordPress crée par défaut une page dédiée pour chaque fichier téléversé, contenant l'image et rien d'autre. Sur un site avec mille images, cela fait mille pages vides. Toutes les extensions SEO sérieuses proposent de les rediriger vers le contenu parent, et c'est une case à cocher.
Les extensions : une seule, bien réglée
Les principales extensions de référencement font toutes le même travail : elles ajoutent le contrôle des balises, génèrent un plan de site, gèrent les canoniques et posent un balisage de base. Prenez celle dont l'interface vous convient, la question s'arrête là.
Tout tient à n'en installer qu'une. Deux extensions actives produisent deux jeux de balises, deux plans de site déclarés, et parfois des canoniques contradictoires. J'ai vu ce cas de figure faire disparaître des pages de l'index parce que la canonique posée par l'une pointait vers une page désindexée par l'autre.
Sur le nombre total d'extensions, le compteur du tableau de bord n'est pas le bon indicateur. Une extension qui charge ses feuilles de style et ses scripts sur toutes les pages, y compris celles où sa fonction n'est pas utilisée, coûte plus cher que cinq extensions discrètes. La mesure utile est le nombre de fichiers chargés sur une page type, avant et après désactivation.
La performance, dans l'ordre de rentabilité
- Un cache de pages. Il transforme la génération à la demande en service de fichiers figés. C'est de très loin le gain le plus important, et il est indépendant du reste.
- Des images au bon format et à la bonne taille. Une photo de 4 000 pixels de large affichée dans un bloc de 800 pixels est le gaspillage le plus courant. Le sujet est traité sur ma page consacrée à l'optimisation des images.
- Un hébergement adapté. Un mutualisé d'entrée de gamme plafonne le temps de réponse quoi qu'on fasse ensuite.
- Le nettoyage des scripts inutiles. Polices chargées deux fois, bibliothèques d'un ancien thème, traceurs oubliés. Comptez une journée d'inventaire pour quelques dizaines de millisecondes gagnées, ce qui explique sa place en fin de liste.
Ce que je corrige le plus souvent
Le titre du site collé devant chaque titre de page. Beaucoup de thèmes ajoutent le nom du site en préfixe. Sur une balise limitée à une soixantaine de caractères, cela consomme la moitié de l'espace utile avant même d'avoir dit de quoi parle la page.
Les descriptions générées automatiquement. Prendre les premiers mots de l'article produit une phrase coupée en plein milieu. Mieux vaut ne rien mettre et laisser Google composer un extrait qu'afficher une phrase tronquée.
Le thème enfant oublié. Les modifications faites directement dans un thème disparaissent à la première mise à jour, y compris les réglages de référencement ajoutés dans les gabarits.
Le plan de site jamais vérifié. Il se génère tout seul, il inclut donc par défaut tout ce que l'installation produit, archives comprises. Une lecture rapide du fichier révèle souvent des centaines d'adresses qu'on n'avait pas l'intention de déclarer.
Ces quatre corrections ne demandent aucune compétence technique et se traitent en une demi-journée. Elles font partie du socle décrit sur ma page consacrée au choix d'un CMS, où je détaille ce qu'une plateforme autorise ou interdit.
Questions fréquentes
Sources
- WordPress, documentation officielle sur les permaliens et la visibilité du site
https://wordpress.org/documentation/article/settings-permalinks-screen/ - Google, « Bloquer l'indexation avec noindex »
https://developers.google.com/search/docs/crawling-indexing/block-indexing?hl=fr - Les priorités de réglage proviennent d'audits menés sur des installations en production. Consulté le 27 août 2026.