Ce qu'il faut retenir

Un capteur de volatilité mesure l'ampleur des changements dans les pages de résultats, sur son propre échantillon de mots-clés. Il ne dit ni la cause, ni le sens, ni qui est concerné. La seule décision utile qu'il déclenche consiste à geler les modifications tant que la période agitée dure. Deux règles de lecture l'accompagnent, filtrer sur son secteur et son pays plutôt que sur l'indice global, et s'en tenir à un seul capteur.

L'éditeur relève chaque jour les résultats d'un échantillon de mots-clés, compare le classement à celui de la veille, et traduit l'ampleur des écarts en un indice. Plus les résultats ont bougé, plus l'indice est élevé.

Ce que l'indice mesure

Courbe agitée sur un écran, image de la volatilité des résultats
Il mesureIl ne mesure pas
L'ampleur des mouvements de classementLa cause de ces mouvements
Sur un échantillon de mots-clés donnéSur vos mots-clés à vous
Par pays et par catégorieLe sens du mouvement, à la hausse ou à la baisse
D'un jour sur l'autreL'effet sur un site en particulier

Tout le monde oublie la deuxième ligne. L'indice est calculé sur l'échantillon de mots-clés de l'éditeur, et vos requêtes n'en font partie que par hasard. Un secteur peut être calme à l'échelle du panel et très agité sur la niche précise qui vous occupe.

La confusion à ne pas faire. Un indice élevé ne signifie pas qu'il se passe quelque chose de grave, ni qu'une mise à jour a été déployée. Il signifie que le classement bouge plus que d'habitude. Les causes possibles sont nombreuses : mise à jour d'algorithme, changement de format de la page de résultats, événement d'actualité qui rebat les cartes sur un secteur, saisonnalité. Aucune interprétation de l'indice ne permet de trancher entre elles.

Comment le lire

Trois réflexes suffisent, et ils écartent l'essentiel des erreurs d'interprétation.

Filtrer par pays et par catégorie. Un indice mondial tous secteurs confondus n'a aucun sens pour un site français d'un métier précis. La plupart des capteurs proposent ce filtre, et presque personne ne l'utilise.

Regarder la durée avant le pic. Une journée agitée est un événement ordinaire, qui se produit plusieurs fois par mois. Une semaine d'agitation continue signale en revanche un déploiement en cours.

Comparer avec votre propre courbe. Une forte volatilité générale pendant que votre trafic reste stable signifie que le mouvement ne vous concerne pas. Une volatilité faible pendant que votre trafic chute désigne au contraire un problème venu de chez vous.

Cette dernière lecture demande de croiser le capteur avec les données de la Search Console, et c'est celle que j'utilise le plus. Seul, l'indice ne dit rien de votre situation.

Pilotage

Des chiffres qui bougent sans savoir pourquoi ?

Chaque mois, je lis vos données Search Console et Analytics, j'explique ce qui a bougé et je décide avec vous des chantiers suivants. Vous savez où va votre budget et ce qu'il rapporte. Comptez de 300 à 1 500 € par mois selon le périmètre.

Je regarde votre site avant de répondre. Réponse sous 24 h en semaine.

La seule décision qu'il devrait déclencher

Un indice qui s'emballe doit geler les modifications sur le site, et rien d'autre. Pendant une période de forte agitation, toute correction devient impossible à évaluer, parce que son effet se mêle à celui du mouvement général et qu'on ne saura jamais si l'amélioration constatée vient du travail ou du retour à la normale. C'est la façon la plus sûre de tirer une mauvaise conclusion et de la reproduire ensuite sur d'autres dossiers.

La conduite à tenir est celle que je décris sur ma page consacrée à la Google Dance : documenter l'état du site avant, ne rien changer pendant, analyser deux semaines après la fin annoncée du déploiement.

Un second usage existe, la conversation avec le client. Quand un dirigeant s'inquiète d'une baisse, montrer que le secteur entier bouge dans les mêmes proportions change la nature de la discussion. La courbe ne fournit aucune explication, elle replace simplement la baisse dans son contexte, ce qui économise une réunion.

Se fabriquer son propre capteur

Quand on suit déjà des positions, on dispose de tout ce qu'il faut pour calculer sa propre volatilité, sans abonnement supplémentaire.

Le principe consiste à calculer la volatilité sur vos propres requêtes plutôt que sur un panel généraliste. On prend les positions relevées la veille et celles du jour, on additionne les écarts en valeur absolue, et on divise par le nombre de requêtes suivies. Le chiffre obtenu n'a pas de valeur absolue, il se lit par comparaison avec sa propre moyenne des trente derniers jours.

La mesure porte alors sur ce qui vous concerne réellement, ce qu'aucun indice sectoriel ne fera jamais. Elle détecte aussi des mouvements que les panels ne voient pas, parce qu'ils sont propres à une niche trop étroite pour figurer dans un échantillon généraliste.

Un détail de calcul évite une fausse alerte hebdomadaire. Les requêtes où vous n'êtes pas classé du tout doivent sortir du calcul, sinon leur entrée et leur sortie du top 100 produisent des écarts de plusieurs dizaines de rangs qui écrasent tout le reste. Je ne garde que les requêtes classées dans les cent premiers résultats les deux jours comparés.

La limite est celle de tout indicateur maison. Il ne dit toujours pas la cause, ni si le mouvement vient de Google ou d'un concurrent qui vient de publier. Il indique simplement quand regarder de plus près.

Les autres capteurs, et pourquoi ils divergent

Plusieurs éditeurs proposent le même type d'indice, et il n'est pas rare qu'ils affichent des courbes différentes le même jour. Ce n'est pas une erreur de l'un d'eux.

Chacun suit son propre échantillon de mots-clés, dans ses propres proportions sectorielles, avec sa propre méthode de calcul de l'écart. Deux panels différents mesurent deux réalités légèrement différentes, et les deux peuvent avoir raison.

Choisissez-en un, tenez-vous-y, et apprenez à lire sa courbe habituelle. Arbitrer entre plusieurs capteurs au cas par cas revient à retenir celui qui confirme ce qu'on pensait déjà.

Le calendrier des déploiements

Un capteur se lit toujours avec une seconde source, la liste officielle des mises à jour publiées par Google. Elle indique la date de début, la date de fin quand le déploiement est terminé, et la nature du changement.

Le croisement des deux règle la plupart des questions. Une agitation qui coïncide avec un déploiement annoncé est expliquée, et il n'y a rien à chercher de plus. Une agitation sans annonce correspondante relève des ajustements permanents, qui ne sont jamais communiqués et qui représentent l'essentiel des mouvements sur une année.

Reste le tableau d'état des services de recherche, que peu de gens connaissent et qui signale les incidents techniques. Il arrive qu'une chute brutale et générale vienne d'un incident et se résorbe seule en quelques heures. Le vérifier avant de déclencher une cellule de crise fait gagner une journée.

Ce qu'il ne remplace pas

Un capteur de volatilité donne un contexte, jamais un diagnostic. Trois choses lui échappent complètement.

Votre situation. L'indice décrit une moyenne sectorielle. Votre site peut être épargné par un mouvement violent, ou frappé par un mouvement discret.

Le changement de forme de la page. L'apparition d'un bloc de réponse ou d'une grille de produits sur vos requêtes ne se lit pas dans un indice de volatilité. Elle se relève avec un outil de suivi qui enregistre les blocs, comme Monitorank.

La perte de taux de clic à position constante. Les positions ne bougent pas, l'indice reste donc parfaitement calme, et le trafic baisse quand même. Aucun capteur ne verra jamais ce cas de figure, qui est devenu le plus courant des trois. Le raisonnement complet figure dans mon article sur les bonnes positions qui ne rapportent pas de trafic.

Questions fréquentes

Que mesure Semrush Sensor ?
L'ampleur des changements observés dans les pages de résultats de Google, sur un échantillon de mots-clés suivis quotidiennement. Le score traduit l'agitation du classement et rien de sa qualité. Une valeur élevée signifie que beaucoup de choses bougent, sans dire dans quel sens ni pour qui.
Un score élevé signifie-t-il une mise à jour d'algorithme ?
Pas nécessairement. Une forte volatilité peut venir d'une mise à jour, mais aussi d'un changement de format de la page de résultats, d'un événement d'actualité ou d'une saisonnalité. Le capteur détecte le mouvement, il n'en donne jamais la cause.
Que faire quand la volatilité est élevée ?
Rien, et c'est la seule décision utile que cet outil devrait déclencher. On gèle les modifications, on documente l'état du site, et on attend la fin de la période. Toute correction faite pendant une phase agitée devient impossible à évaluer, puisque son effet se mêle à celui du mouvement général.
Faut-il regarder son secteur ou l'indice global ?
Son secteur, et son pays. Les moyennes mondiales tous secteurs confondus ne veulent rien dire pour un site français d'un métier précis. Un indice calme au global peut masquer une forte agitation sur une catégorie particulière, et inversement.
Ces outils sont-ils fiables ?
Ils mesurent correctement ce qu'ils mesurent, sur leur propre échantillon. Deux capteurs différents donnent des courbes différentes le même jour, parce qu'ils ne suivent pas les mêmes mots-clés. Il faut donc en choisir un et s'y tenir, plutôt que d'arbitrer entre eux au cas par cas.

Sources