Ce qu'il faut retenir

Le nombre de mots n'est pas un critère de classement, et Google l'a dit à de nombreuses reprises. Les études qui montrent que les pages longues se classent mieux mesurent une corrélation, puisque les pages longues couvrent plus de sujets et récoltent plus de liens. La longueur utile se déduit du plan, jamais l'inverse. Et si vous comptez les mots d'un concurrent, comptez le texte affiché à l'écran, le fichier renvoyé par le serveur multipliant le résultat par trois ou quatre.

Texte long affiché à l'écran, illustrant la question du nombre de mots en référencement

La demande arrive presque toujours sous la même forme, celle du nombre de mots nécessaire pour se positionner sur telle requête. Derrière la question, il y a un besoin parfaitement légitime, celui de cadrer un budget de rédaction. Le problème est que la réponse chiffrée n'existe pas, et que la donner quand même produit des textes gonflés qui ne servent personne.

Ce que Google en dit

Depuis des années, la position officielle est la même. Le nombre de mots n'est pas un facteur de classement. Les porte-parole de Google l'ont répété à chaque fois qu'on leur a posé la question, et la documentation destinée aux créateurs de contenu ne mentionne aucun seuil.

On y trouve en revanche une exigence de fond. La page doit apporter une valeur réelle, traiter le sujet de façon substantielle et complète, et être écrite pour des personnes plutôt que pour un moteur. Ces trois formulations reviennent dans les consignes sur le contenu utile, et aucune ne se traduit en compteur.

Pourquoi les études disent le contraire

Toutes les grandes études de corrélation aboutissent au même graphique, où les pages bien classées sont en moyenne plus longues que les autres. Le constat est exact, et on en tire depuis quinze ans une conclusion que les données ne permettent pas.

Trois explications suffisent à rendre compte du phénomène sans faire intervenir de règle sur la longueur.

Les pages longues couvrent plus de sous-questions. Un guide qui traite le prix, la pose, l'entretien et la réglementation répond à quatre intentions au lieu d'une. Il se classe sur davantage de requêtes, donc il apparaît plus souvent dans les échantillons d'étude.

Les pages longues attirent plus de liens. On cite plus volontiers une ressource complète qu'un paragraphe. Le lien est un facteur de classement, la longueur en est un déclencheur indirect.

Les pages longues coûtent plus cher à produire. Elles viennent donc de sites qui investissent, qui ont une équipe, une ligne éditoriale et une stratégie. Ces sites se classent mieux pour cent raisons, dont aucune n'est le compteur de mots.

Le test qui tranche. Si la longueur était un facteur, ajouter mille mots à une page devrait améliorer sa position. Personne n'a jamais observé cet effet, et j'ai vu plusieurs fois l'inverse. Une page rallongée pour atteindre un objectif chiffré perd sa clarté, puis son taux de clic, puis sa position. Aucune des grandes études ne rapporte l'expérience inverse.

Contenu et sémantique

Des pages qui répondent vraiment à ce que cherchent vos clients

Je repère les pages à écrire et celles à reprendre à partir des requêtes réelles, je les produis ou je les fais produire, puis je mesure ce qui progresse. C'est le cœur de mes accompagnements mensuels. Comptez de 300 à 1 500 € par mois selon le périmètre.

Je regarde votre site avant de répondre. Réponse sous 24 h en semaine.

Comment je fixe la longueur d'une page

La longueur sort du plan une fois celui-ci arrêté. Je procède dans cet ordre, y compris quand le client veut un chiffre avant de signer.

  1. Identifier l'intention. Une requête qui appelle une réponse en une phrase n'appelle pas un dossier. C'est le point de départ, et il est traité en détail sur ma page sur l'intention de recherche.
  2. Lire les trois premiers résultats. Du début à la fin, en listant les questions auxquelles ils répondent effectivement.
  3. Repérer ce qu'ils oublient. Ces deux ou trois questions laissées de côté valent tout le volume que vous pourriez ajouter par-dessus.
  4. Écrire le plan. Une entrée par question à traiter, sans en ajouter pour faire nombre.
  5. Compter à la fin. Le chiffre obtenu est la bonne longueur. S'il est très inférieur à celui des concurrents, il faut vérifier qu'on n'a pas oublié une question. S'il est très supérieur, il faut vérifier qu'on n'a pas délayé.

Les ordres de grandeur que j'observe

Ces chiffres sont des repères constatés sur des pages en ligne, utiles pour cadrer un budget et repérer une anomalie. Les prendre pour des objectifs revient à retomber dans le travers décrit plus haut.

Type de pageLongueur constatéeCe qui la détermine
Réponse factuelle à une question fermée300 à 600 motsLa réponse tient en un paragraphe, le reste sert le contexte
Fiche produit200 à 500 motsLes caractéristiques et l'usage, pas de littérature
Page de service ou d'offre600 à 1 200 motsCe que vous faites, pour qui, comment, à quel prix
Définition de lexique1 000 à 2 000 motsLa définition, les cas d'usage, les limites, les erreurs fréquentes
Guide complet sur un sujet large2 000 à 4 000 motsLe nombre de sous-questions réellement traitées

La ligne des fiches produit surprend souvent les commerçants. Sur une boutique, allonger les descriptions rapporte rarement le temps qu'on y passe, alors que rendre chaque fiche différente des autres et compléter le balisage se voit dès le mois suivant.

Mesurer le texte rendu, pas le fichier

Si vous comparez votre page à celles des concurrents, la façon de compter décide du résultat. La plupart des outils comptent ce que renvoie le serveur, c'est-à-dire le code complet : balises, menus, pied de page, scripts et styles.

Sur un site moderne, cette mesure n'a plus aucun rapport avec le contenu. Une page de gabarit riche pèse plusieurs dizaines de milliers de caractères pour trois cents mots de texte réel. Le comptage brut surestime alors le contenu d'un facteur trois ou quatre, et le classement des concurrents obtenu de cette façon est faux.

La bonne mesure consiste à retirer le code, les menus, la barre latérale et le pied de page, puis à compter ce qui reste. C'est ce que je fais systématiquement avant de fixer une consigne de rédaction, parce que c'est la seule mesure comparable d'un site à l'autre.

Les trois façons de rallonger une page pour rien

La reformulation. Dire deux fois la même chose avec d'autres mots ajoute du volume et retire de la clarté. C'est le remplissage le plus fréquent et le plus facile à repérer en relecture, sous la forme de deux paragraphes consécutifs qui pourraient fusionner en un seul.

L'introduction qui n'introduit rien. Trois cents mots pour expliquer que le sujet est important avant de le traiter. Le lecteur, lui, cherche la réponse et fait défiler.

Le hors-sujet documenté. Un développement historique sur une page qui traite un choix pratique. C'est souvent bien écrit, parfois intéressant, et ça déplace le centre de gravité de la page vers une requête qui n'est pas la cible.

Ces trois défauts augmentent tous le compteur en faisant baisser le taux de clic. Sur une page qui vise une requête concurrentielle, ils coûtent plus qu'ils ne rapportent.

Quand rallonger est la bonne décision

Un cas justifie l'allongement, et il se repère sans ambiguïté. Une page qui récolte des impressions sur des requêtes qu'elle ne traite pas est jugée pertinente par Google sur un sujet qu'elle n'aborde pas vraiment.

Le diagnostic se fait dans la Search Console. On sort les requêtes associées à l'URL, on écarte celles que la page traite déjà, et il reste la liste des sujets à couvrir. Chaque entrée de cette liste devient une section. La page s'allonge, mais elle s'allonge pour une raison identifiée, et le gain se mesure.

Cette démarche produit d'ailleurs souvent des pages plus longues que l'objectif qu'on se serait fixé au départ, parce que les questions restées sans réponse sont plus nombreuses qu'on ne le pense.

Questions fréquentes

Existe-t-il un nombre de mots idéal pour se positionner ?
Non. Google a répété que le nombre de mots n'est pas un facteur de classement. Une page de 300 mots peut occuper la première position si elle répond mieux que les autres à la question posée, et une page de 3 000 mots peut ne jamais sortir.
Pourquoi les études montrent-elles que les pages longues se classent mieux ?
Parce qu'elles mesurent une corrélation, sans jamais établir de cause. Les pages longues traitent en général plus de sous-questions, obtiennent plus de liens et sont produites par des sites qui investissent davantage. Google récompense cet investissement, dont la longueur n'est qu'un symptôme.
Comment fixer la longueur d'une page alors ?
En partant de l'intention de recherche et non d'un objectif chiffré. Je regarde ce que couvrent les trois premiers résultats, je liste les questions auxquelles ils répondent, j'ajoute celles qu'ils oublient, et la longueur découle de ce plan. Elle n'est jamais décidée avant.
Faut-il rallonger une page qui ne se positionne pas ?
Seulement si elle est incomplète. Rallonger une page déjà complète en délayant produit l'effet inverse, puisque le lecteur ne trouve plus la réponse et que le texte ajouté dilue le sujet. Demandez-vous plutôt quelle question reste sans réponse sur la page.
Comment compter les mots d'une page concurrente ?
En mesurant le texte réellement affiché à l'écran, et non le fichier téléchargé. Sur un site moderne, le code, les menus et les scripts représentent l'essentiel du poids. Un comptage fait sur le code source surestime largement le contenu réel, souvent d'un facteur trois ou quatre.

Sources