La méthode, en une ligne

Lire la page de résultats, lister les questions, repérer ce que personne ne traite, écrire le plan, répondre au début, relire à voix haute. Six étapes, dont une seule consiste à rédiger. Le mot-clé ne figure dans aucune d'elles, parce qu'il se place tout seul une fois le reste fait.

La rédaction optimisée traîne une réputation de mécanique appliquée : une densité à respecter, des expressions à caser, un compteur de mots à atteindre. Ces règles ont cessé de fonctionner depuis longtemps, et elles produisent aujourd'hui exactement le type de texte que Google écarte.

Ce qui se passe avant d'écrire

Rédaction d'un contenu sur un ordinateur portable

La moitié du travail se fait avant d'ouvrir un traitement de texte, et une page ratée l'est presque toujours à ce stade-là.

  1. Taper la requête et lire les résultats. Lire les trois premiers en entier, sans les survoler, en notant ce qu'ils traitent réellement. Cette lecture donne l'intention attendue, le format attendu et le niveau attendu.
  2. Lister les questions traitées. Une ligne par question à laquelle chacun répond. On obtient rapidement une liste de recoupements, et les questions que tout le monde traite forment le socle obligatoire.
  3. Repérer les trous. Les questions que personne ne traite, ou traite mal. Une page se distingue par ces deux ou trois réponses manquantes, jamais par sa longueur.
  4. Écrire le plan. Une section par question, dans l'ordre où un lecteur se les pose. La longueur découle de ce plan, elle ne se décide pas avant, comme je l'explique sur ma page consacrée au nombre de mots.

Cette préparation prend une heure sur un sujet nouveau. Elle évite les deux échecs les plus coûteux : écrire une page qui répond à côté, et écrire une page identique à celles qui existent déjà.

La structure qui fonctionne

La réponse au début. Complètement, dans les premières lignes, le développement venant ensuite. Tous ceux qui ont appris à ménager leurs effets à l'école ou en presse écrite résistent à cette idée pendant des mois.

Un titre principal, une descente régulière. Pas de saut de niveau, et des intitulés qui nomment ce que contient la section plutôt qu'ils n'annoncent ce qui va être dit. « Les quatre critères officiels » vaut mieux que « Voyons maintenant les critères ».

Des paragraphes courts. Trois à cinq lignes. Un paragraphe de quinze lignes n'est pas lu sur un téléphone, et il contient presque toujours deux idées qui gagneraient à être séparées.

Une forme par type d'information. Un tableau pour une comparaison, une liste numérotée pour une procédure, un encadré pour une mise en garde, du texte courant pour un raisonnement. Quinze paragraphes identiques d'affilée signalent un texte qu'on a écrit sans réfléchir à sa forme.

Chaque affirmation doit tenir seule, hors de son paragraphe. « Le préavis légal ne peut pas dépasser dix jours » se reprend n'importe où ; « comme on l'a vu, ce délai est court » ne se reprend nulle part. Un assistant génératif travaille au passage et non à la page, et il laisse de côté tout ce qui devient incompréhensible une fois détaché. Un lecteur pressé qui parcourt la page en diagonale fait exactement la même chose.

Contenu et sémantique

Des pages qui répondent vraiment à ce que cherchent vos clients

Je repère les pages à écrire et celles à reprendre à partir des requêtes réelles, je les produis ou je les fais produire, puis je mesure ce qui progresse. C'est le cœur de mes accompagnements mensuels. Comptez de 300 à 1 500 € par mois selon le périmètre.

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La place du mot-clé

Il doit apparaître dans la balise de titre, dans le titre principal, et dans le premier paragraphe. Ensuite, là où il vient naturellement, et nulle part ailleurs.

Compter les occurrences ou viser une densité est une perte de temps depuis une quinzaine d'années. Ce qui compte davantage est le champ lexical, c'est-à-dire les mots qui accompagnent nécessairement le sujet quand on le maîtrise. Une page sur les chaudières qui ne parle jamais de rendement, de puissance ni d'entretien n'est pas une page sur les chaudières, quel que soit le nombre de fois où le mot apparaît.

Lisez le texte à voix haute et vous n'aurez plus besoin d'aucun compteur. Une répétition forcée s'entend immédiatement, alors qu'elle se lit sans qu'on la remarque.

Les tournures à supprimer

Elles se ressemblent toutes et occupent de la place sans rien apporter.

TournurePourquoi la supprimer
Annoncer ce qu'on va direLe lecteur veut la chose, pas son programme
Affirmer qu'un point est importantSi c'est vrai, la démonstration suffit ; sinon, l'affirmation ne le rend pas vrai
Reformuler le paragraphe précédentDeux paragraphes qui disent la même chose se fondent en un
Les transitions qui ne relient rienElles font croire à une progression qui n'existe pas
Les conclusions qui résumentUn texte bien construit n'a pas besoin qu'on le rappelle

Ces cinq défauts se repèrent très vite dans un texte produit avec l'aide d'un outil, mais on les trouvait déjà dans les fiches produit rédigées à la chaîne il y a quinze ans. Ce sont les tics du remplissage, quelle que soit la main qui l'a écrit.

Ce que je fais du premier jet

Un premier jet sert de matériau, pendant lequel on découvre ce qu'on a réellement à dire. Le traiter comme un brouillon à corriger conduit à conserver une structure qu'on n'aurait jamais choisie en connaissance de cause.

Deux opérations lui font gagner le plus. Couper le début d'abord, puisque les trois ou quatre premiers paragraphes tiennent presque toujours de l'échauffement et que le texte commence réellement plus bas. Vérifier ensuite que chaque section répond bien à la question annoncée par son titre, ce qui se perd dès qu'on a écrit d'une traite.

Un premier jet place presque toujours la réponse au milieu de la page. La remonter en tête transforme un texte correct en page qui se classe, pour les raisons que je détaille sur ma page consacrée à l'intention de recherche.

La relecture

Trois passes, dans cet ordre, et aucune ne se remplace.

À voix haute, en entier. Presque personne ne le fait, alors que c'est la passe qui rapporte le plus. Les phrases trop longues, les répétitions et les formules creuses s'entendent, quand elles se lisent sans résistance.

En ne lisant que les titres. La suite des intitulés doit raconter le sujet à elle seule. Si elle ne tient pas debout, reprenez le plan avant de toucher aux paragraphes.

En cherchant ce qui n'est pas vérifiable. Chaque chiffre doit avoir une source et une date, chaque affirmation générale doit pouvoir être défendue. Comptez une heure sur une page longue, et c'est cette heure qui sépare une page qui fait autorité d'une page qui répète ce qu'elle a lu ailleurs.

Écrire en série sans produire du remplissage

Quand on écrit vingt pages sur un même thème, les tournures se répètent d'une page à l'autre, et aucun contrôle page par page ne le détecte. Chaque texte est correct isolément, et l'ensemble donne une impression de série.

La parade consiste à relire le lot comme un ensemble, une fois toutes les pages écrites. On extrait les phrases d'ouverture de chaque section, on les met côte à côte, et les répétitions sautent aux yeux. Le même exercice sur les encadrés et sur les phrases de conclusion donne le même résultat.

C'est un contrôle qui prend une demi-heure pour vingt pages et qui change la perception de l'ensemble, alors qu'aucun outil de contrôle qualité par page ne le signalera jamais.

Questions fréquentes

Par quoi commence-t-on une page optimisée ?
Par la lecture de la page de résultats, avant même d'esquisser un plan. On regarde ce que traitent les trois premiers résultats, on liste les questions auxquelles ils répondent, et on repère celles qu'ils laissent de côté. Le plan découle de cette lecture, il ne la précède jamais.
Faut-il répéter le mot-clé dans le texte ?
Il doit apparaître naturellement, dans le titre, dans le premier paragraphe et là où il a sa place. Compter les occurrences fait perdre du temps, et une répétition forcée s'entend de toute façon à la lecture à voix haute. Le champ lexical du sujet compte davantage que la répétition d'une expression.
Où placer la réponse dans la page ?
Au début, complètement. Une page qui fait attendre trois paragraphes avant de répondre perd le lecteur pressé et se fait mal reprendre par les moteurs génératifs, qui extraient des passages autonomes. Le développement vient après la réponse, jamais avant.
Comment relire une page avant publication ?
À voix haute, en entier. Presque personne ne le fait, alors que c'est la passe qui rapporte le plus. Les répétitions, les phrases qui ne disent rien et les transitions creuses s'entendent immédiatement, alors qu'elles se lisent sans qu'on les remarque.
Quelles tournures faut-il supprimer systématiquement ?
Les annonces de ce qu'on va faire, les formules qui affirment l'importance d'un point plutôt que de le démontrer, les paragraphes qui reformulent le précédent, et les transitions qui ne relient rien. Elles allongent le texte et retirent de la clarté.

Sources