Les trois questions, dans l'ordre

1. Que tapent réellement les gens ? Vos données avant tout outil. 2. Cette requête est-elle accessible ? Cela se lit en regardant qui est classé, pas en lisant un score. 3. Que rapporte-t-elle ? Une requête à fort volume sans intention d'achat coûte cher et ne rend rien.

Où trouver les requêtes réelles

Par ordre de fiabilité décroissante, et de gratuité décroissante aussi, ce qui tombe bien.

SourceCe qu'elle donneSa valeur
Search Console, 16 moisLes requêtes sur lesquelles vous apparaissez déjàLa meilleure de toutes : réelle, gratuite, et pleine de surprises
Vos campagnes publicitairesLes requêtes qui convertissent, avec leur tauxLa seule source qui relie un mot à de l'argent. Voir SEA.
Votre moteur de recherche interneCe que les visiteurs cherchent une fois arrivésSous-exploitée, et très parlante sur ce qui manque
Vos échanges avec les clientsLeurs mots à eux, pas votre vocabulaire métierLe meilleur correctif au jargon interne
L'autocomplétion et les questions associéesLes formulations réelles et les questions poséesGratuit, immédiat, et directement utilisable en plan de page
Le planificateur de mots-clésVolumes estimés et niveaux d'enchèresUtile pour comparer, imprécis en valeur absolue
Les outils spécialisésVolumes, variantes, requêtes des concurrentsFait gagner du temps, ne décide de rien

Commencez toujours par la première ligne. Sur presque tous les sites que je reprends, la Search Console révèle des dizaines de requêtes sur lesquelles le site apparaît en dixième ou quinzième position sans que personne ne le sache, souvent sur des formulations auxquelles personne n'avait pensé. Ce sont les pages les plus rentables à travailler : elles existent, elles sont indexées, elles ont déjà une légitimité. Chercher de nouveaux mots-clés avant d'avoir lu cette liste revient à acheter avant d'avoir regardé dans ses placards.

Estimer la difficulté réelle

Tous les outils affichent un score de difficulté. Il est commode, il permet de trier trois cents requêtes en dix minutes, et il ne répond pas à la question qui vous intéresse : pouvez-vous passer devant ceux qui sont déjà là ?

Cette réponse s'obtient en ouvrant la page de résultats et en regardant les cinq premiers. Quatre minutes par requête, sur les dix requêtes qui comptent vraiment.

Ce que vous relevezCe que ça vous dit
Qui sont les cinq premiersDes acteurs institutionnels, des places de marché, ou des sites comme le vôtre : la réponse change tout
Combien de domaines les citentL'écart à combler. Vous saurez s'il se compte en dizaines ou en milliers de liens
La profondeur de leurs pagesLe niveau de couverture attendu sur ce sujet
La fraîcheur de leur contenuDes pages datées de trois ans signalent une ouverture
L'homogénéité des formatsCinq fois le même format signifie une intention verrouillée. Voir les types de contenus.
Ce que Google affiche autourUne réponse directe en haut de page peut absorber l'essentiel des clics

La deuxième ligne est la plus décisive, et elle rejoint ce que j'explique à propos des métriques du netlinking : ce qui compte n'est pas un score, c'est de savoir combien de sites citent ceux qui vous devancent, et lesquels. Si les cinq premiers ont chacun plusieurs milliers de domaines référents, la requête n'est pas accessible à court terme, et il vaut mieux le savoir avant d'y consacrer six mois qu'après.

Le volume n'est pas la valeur

C'est l'arbitrage qui distingue une liste de mots-clés d'une stratégie. Quatre critères, et le premier n'est pas celui qu'on croit.

CritèreCe qu'il faut regarderSon poids
L'intentionLa personne veut-elle comprendre, comparer, ou acheterLe plus important
L'accessibilitéPouvez-vous réellement passer devant les cinq premiersDécisif, et systématiquement sous-estimé
La valeur commercialeCe que vaut un visiteur venu de cette requêteÉlevé
Le volumeLe nombre de recherches mensuelles estiméLe moins important des quatre

L'illustration classique. « Assurance » attire des dizaines de milliers de recherches mensuelles, disputées par tout un secteur, avec une intention totalement floue. « Assurance décennale plaquiste tarif » en attire quelques centaines, se conquiert en quelques mois, et amène quelqu'un qui va demander un devis dans l'heure. La seconde vaut infiniment plus, et elle ne figure sur aucune liste triée par volume. Voir la longue traîne.

Chercher ailleurs que sur Google

Le S de SEO signifie search, pas Google, et la recherche de mots-clés obéit à la même logique. Une part croissante des recherches commence directement sur la plateforme où l'achat se fera, et le vocabulaire employé y est souvent différent.

Stratégie

Une liste de mots-clés n'est pas un plan

Ce qui compte est ce qu'on en fait : quelle page pour quelle intention, dans quel ordre, et avec quelle chance réelle d'y arriver. C'est le travail qui décide de tout le reste.

Construire mon plan éditorial

À partir de vos requêtes réelles, pas d'un export d'outil.

Répartir les mots-clés sur les pages

Une fois la liste établie, il reste l'étape que l'on bâcle, et qui produit ensuite la moitié des problèmes : décider quelle page vise quoi.

  1. 1. Regrouper par intention, pas par ressemblance

    « Prix serrurier » et « tarif serrurier » appellent la même réponse : une page. « Prix serrurier » et « serrurier urgence » appellent des réponses différentes : deux pages, même si le métier est le même.

  2. 2. Vérifier ce que Google en pense

    Tapez les deux formulations et comparez les résultats. Si ce sont les mêmes pages qui sortent, Google considère qu'il s'agit d'une seule intention, et vous devez le suivre.

  3. 3. Attribuer une intention principale par page

    Une page, une promesse. Le title et le H1 doivent y répondre directement, sans ambiguïté.

  4. 4. Confronter à ce qui existe déjà

    Avant d'écrire une page neuve, vérifiez qu'aucune page du site ne vise déjà cette intention. Sinon vous fabriquez de la cannibalisation.

  5. 5. Prévoir les liens dès ce moment

    Quelle page renverra vers quelle autre, avec quelle ancre. Décidé maintenant, cela se fait ; décidé plus tard, cela ne se fait jamais. Voir maillage interne.

Les erreurs qui reviennent

Questions fréquentes

Par où commencer une recherche de mots-clés ?
Par vos propres données, avant tout outil payant. La Search Console sur seize mois liste les requêtes qui vous montrent déjà, y compris celles auxquelles vous n'aviez jamais pensé et sur lesquelles vous êtes en douzième place sans le savoir. C'est gratuit, c'est réel, et cela désigne souvent une dizaine de pages à reprendre avant même d'envisager d'en écrire de nouvelles.
Comment évaluer la difficulté réelle d'une requête ?
En regardant qui occupe les cinq premières places, pas en lisant un score de difficulté. Relevez pour chacun le nombre de domaines qui le citent, la profondeur de sa couverture du sujet, et s'il s'agit d'un acteur institutionnel ou d'une place de marché. Vous obtenez une réponse concrète à la seule question qui compte : ai-je de quoi passer devant eux, et en combien de temps. Un score agrégé ne vous dira jamais cela.
Faut-il viser les requêtes à fort volume ?
Rarement au début, parce que le volume et la valeur ne vont pas ensemble. Une requête générique à dix mille recherches mensuelles attire surtout des curieux, et elle est disputée par tout le secteur. Une formulation précise à cent recherches, qui exprime un besoin exact, amène des gens prêts à acheter et se conquiert en quelques mois. La bonne stratégie consiste à s'installer sur les secondes, puis à remonter vers les premières une fois la légitimité acquise.
Combien de mots-clés par page ?
Une intention par page, ce qui recouvre en pratique un groupe de formulations proches. Si trois expressions appellent exactement la même réponse, elles vont sur la même page, et Google fera lui-même le rapprochement. Si deux expressions appellent des réponses différentes, elles exigent deux pages. Créer une page par variante orthographique est le meilleur moyen de fabriquer de la concurrence interne.
Les volumes de recherche des outils sont-ils fiables ?
Ce sont des estimations, souvent arrondies et parfois très éloignées de la réalité sur les requêtes de faible volume. Prenez-les comme des ordres de grandeur pour comparer deux requêtes entre elles, jamais comme une prévision de trafic. La seule donnée exacte dont vous disposerez un jour est celle de votre propre Search Console, une fois la page en ligne.
La recherche de mots-clés concerne-t-elle uniquement Google ?
Non, et c'est une erreur fréquente de la limiter au moteur généraliste. Une part croissante des recherches commence directement sur une place de marché pour un produit, sur une plateforme vidéo pour un tutoriel, sur un site de réservation pour un logement. Chacune possède sa propre autocomplétion et ses propres formulations, souvent différentes de celles employées sur Google. Si vos clients cherchent là, c'est là qu'il faut relever les mots.

Sources