Le principe, en trois lignes

Google ne connaît aucun de ces scores. Mais Google, lui, publie tous les jours son propre jugement de confiance : c'est le classement. Un domaine dans lequel il a confiance, il le positionne, sur de vraies requêtes, durablement. Un domaine qu'il ignore ne vaut rien, quel que soit son Trust Flow. Tout ce qui suit découle de là.

Le vrai trust, c'est Google

Les principales métriques de netlinking, leur éditeur et ce que chacune mesure réellement

C'est la conviction sur laquelle je travaille, et elle simplifie considérablement l'évaluation d'un site. Les scores d'autorité tentent tous d'estimer, de l'extérieur, la confiance qu'un moteur pourrait accorder à un domaine. Or cette confiance n'a pas besoin d'être estimée : elle est observable. Un moteur qui fait confiance à un site le montre à ses utilisateurs. Un moteur qui n'a pas confiance ne le montre pas. Le classement est donc la mesure directe de ce que les scores essaient d'approcher indirectement.

Concrètement, j'évalue un domaine sur cinq indicateurs de positionnement, et sur rien d'autre.

IndicateurCe qu'il ditCe qui doit faire renoncer
Le trafic organiqueGoogle envoie réellement des gens sur ce siteUn trafic quasi nul malgré des scores élevés
La qualité des mots-clés positionnésIl est classé sur de vraies requêtes de son sujet, pas sur des expressions sans valeurDes requêtes hors sujet, ou uniquement son propre nom
Le nombre de pages dans le top 20La confiance porte sur le domaine entier, pas sur deux pages chanceusesTout le trafic concentré sur une seule page
Le nombre de mots-clés dans le top 20L'étendue de sa légitimité sur son sujetQuelques dizaines de requêtes sans rapport entre elles
La stabilité de la courbeUne progression régulière, sans accidentUne chute brutale suivie d'une remontée soudaine : le site a été repris et poussé

La courbe raconte l'histoire du site. C'est l'indicateur que je regarde en premier et celui qu'on oublie le plus. Une progression lente et continue sur plusieurs années décrit un site qui a été construit. Une chute verticale suivie, quelques mois plus tard, d'une remontée spectaculaire décrit tout autre chose : un domaine expiré racheté, republié et poussé pour être revendu ou pour vendre des liens. Les scores d'autorité, eux, ne voient pas la différence. Ils comptent des liens, et le second site en a autant que le premier.

Le même raisonnement vaut désormais au-delà de Google. Les assistants qui citent des sources choisissent, eux aussi, des domaines auxquels ils accordent du crédit. Un site que personne ne montre, ni le moteur ni l'assistant, n'a pas d'audience à vous transmettre. Voir GEO.

Les cinq critères, et le reste

En sortant de la seule question du classement, voici la liste complète de ce que je regarde avant d'accepter un lien. Elle tient en cinq lignes, et je n'ai rien trouvé d'utile à y ajouter en plusieurs années.

CritèreComment le vérifier
1. La thématiqueLe site, et surtout la page porteuse, traitent-ils du même sujet que vous. C'est le critère le plus discriminant de tous.
2. Le traficReçoit-il réellement des visiteurs depuis les moteurs, ou n'existe-t-il que dans les outils.
3. Le positionnementSur quelles requêtes il est classé, combien de pages et de mots-clés dans le top 20, et la stabilité de la courbe.
4. Le nombre de domaines référentsCombien de sites distincts le citent. Le nombre de domaines compte, pas le nombre de liens.
5. La qualité de ces domaines référentsD'où viennent-ils : des sites réels et vivants, ou des annuaires et des fermes de liens.

Tout le reste relève du marketing d'éditeur d'outils. Le constat est descriptif : un score propriétaire sert d'abord à distinguer un abonnement d'un autre, et à donner un chiffre unique là où il faudrait un jugement. Il n'a aucune existence chez Google, et il se fabrique. Les cinq critères ci-dessus demandent un quart d'heure par site au lieu d'un coup d'œil, et c'est exactement ce quart d'heure qui sépare un lien qui déplace des positions d'un lien qui remplit un tableau de suivi.

Ce que valent les scores, et qui les produit

Ils gardent une utilité, unique et limitée : dégrossir une liste de trois cents sites en dix minutes. Passé ce tri grossier, ils ne décident de rien, et un mauvais usage coûte cher.

MétriqueÉditeurÉchelleCe qu'elle mesure
Trust FlowMajestic0 à 100La proximité avec un noyau de sites de confiance
Citation FlowMajestic0 à 100Le volume de liens reçus, sans jugement de qualité
Topical Trust FlowMajesticThématiquesDans quels domaines la confiance a été acquise
Domain AuthorityMoz0 à 100Une probabilité estimée de bien se classer
Domain RatingAhrefs0 à 100La force du profil de liens du domaine
Authority ScoreSemrush0 à 100Un composite liens, trafic et signaux de spam

Deux propriétés communes à toutes, et il faut les avoir en tête : elles sont logarithmiques, ce qui signifie que passer de 20 à 30 est beaucoup plus facile que de 60 à 70 ; et elles dépendent entièrement de l'index de l'outil, ce qui explique qu'un même site affiche des scores très différents d'un outil à l'autre sans que personne n'ait tort.

Le ratio Trust Flow sur Citation Flow

C'est le croisement le plus utile de tous, parce qu'il oppose deux mesures de nature différente : la confiance d'un côté, le volume de l'autre.

Ratio TF/CFLectureCe que ça suggère
Supérieur à 0,8Confiance élevée pour le volume reçuProfil sain, souvent un site éditorial ancien
Entre 0,5 et 0,8Proportion habituelleRien à signaler, la plupart des bons sites s'y trouvent
Entre 0,3 et 0,5Beaucoup de liens, peu de confianceÀ regarder de près avant toute décision
Inférieur à 0,3Volume sans confianceProfil typique d'un site poussé artificiellement

Une nuance qui évite les faux procès : un ratio moyen n'est pas une preuve. Un site tout à fait propre sur une niche technique peu citée peut afficher un ratio médiocre simplement parce que les sites de son domaine sont eux-mêmes peu liés. Le ratio ouvre une enquête, il ne la conclut pas.

Le test qui remet tout à sa place. Avant de regarder le moindre score, posez une seule question : ce site reçoit-il du trafic de recherche ? Un site à fort Trust Flow sans aucune visibilité organique n'existe que dans les outils : Google le connaît et ne le montre à personne. À l'inverse, un site à score modeste qui reçoit des milliers de visites de Google chaque mois est un site que Google a décidé de montrer, ce qu'aucun score d'autorité ne mesure. Le trafic est le seul indicateur qui suppose un jugement de Google.

Repérer un score fabriqué

Les scores d'autorité se manipulent, et c'est même devenu une petite industrie : on pousse un domaine à coup de liens pour le revendre plus cher. Quatre signaux permettent de repérer l'opération en quelques minutes.

Le paradoxe des grosses métriques. Sur un catalogue de vente de liens, les sites qui affichent les meilleurs scores sont très souvent ceux qu'un éditeur a poussés exprès pour les vendre. Le domaine a été acheté ou monté, bombardé de liens jusqu'à faire grimper les indicateurs, et rempli de contenu produit en série. Il coche toutes les cases des filtres, il ne reçoit aucun visiteur, et il vend des liens à trente clients dans trente secteurs différents. Les sites qui fonctionnent réellement affichent souvent des scores plus modestes : ce sont de vrais sites, avec de vrais lecteurs, que personne n'a jamais cherché à faire briller dans un outil.

Les cinq contrôles qui décident vraiment

Voici ce que je regarde avant d'accepter ou de refuser un lien, dans cet ordre. Aucun des cinq n'est un score.

  1. 1. La page reçoit-elle du trafic ?

    Pas le domaine, la page exacte qui portera le lien. Un lien sur une page que personne ne visite et que Google ne classe sur rien ne transmet presque rien.

  2. 2. Le sujet est-il proche du mien ?

    Un lien depuis une page qui traite du même domaine vaut infiniment plus qu'un lien depuis une page généraliste. C'est le critère le plus discriminant de tous.

  3. 3. Où le lien se situe-t-il dans la page ?

    Dans le corps du texte, entouré de contenu cohérent. Un lien en pied de page, dans une barre latérale ou dans un bloc « partenaires » ne pèse presque rien.

  4. 4. Combien de liens sortants la page porte-t-elle déjà ?

    Une page qui pointe vers quarante sites différents distribue quarante fois moins. Ouvrez la page et comptez.

  5. 5. Le site aurait-il pu me citer sans que je paie ?

    La question la plus révélatrice. Si la réponse est non de façon évidente, vous n'achetez pas une citation, vous achetez un emplacement, et tout le monde le verra.

Voir ce qui fait un bon backlink pour le détail éditorial de chacun de ces points, et les mauvais backlinks pour l'inverse.

Netlinking

Choisir des liens sur autre chose qu'un score

Je travaille chez Semjuice et j'achète des liens pour mes propres sites : la sélection se fait sur le trafic réel des pages, la proximité thématique et la cohérence du profil, jamais sur un chiffre affiché dans un catalogue.

Acheter des backlinks

Ce qui se paie, ce qui se négocie, et ce qui ne vaut rien.

Mesurer son propre profil

Sur votre site, trois indicateurs suffisent à piloter, et ils sont plus parlants que n'importe quel score global.

IndicateurCe qu'il ditLe repère
Domaines référentsCombien de sites distincts vous citentSe compare aux cinq premiers résultats de vos requêtes, jamais dans l'absolu
Rythme d'acquisitionComment le profil évolue dans le tempsUne progression régulière, sans à-coups. Voir rythme et quantité.
Répartition des ancresAvec quels mots on vous citeUne majorité d'ancres de marque et d'ancres neutres. Voir ancres de lien.

La répartition des ancres mérite une attention particulière : un profil naturel comporte beaucoup de citations du nom de marque, de l'adresse du site, et de formulations quelconques du type « voir cet article ». Un profil composé à quarante pour cent d'ancres commerciales exactes ne ressemble à rien de spontané, et c'est l'un des signaux les plus faciles à détecter.

Faut-il désavouer ?

La question revient dès qu'on découvre des liens douteux dans son profil. La réponse est presque toujours non.

Google déclare ignorer de lui-même les liens sans valeur, et réserve explicitement l'outil de désaveu aux cas où une action manuelle a été notifiée, ou lorsqu'on sait pertinemment qu'un profil artificiel a été construit par le passé. Désavouer par précaution, sur la base d'un score bas affiché par un outil, expose au risque inverse : couper des liens qui apportaient quelque chose, sans aucun bénéfice mesurable en retour. Voir liens toxiques, où je détaille pourquoi cette expression est trompeuse.

Questions fréquentes

Google utilise-t-il le Trust Flow ou le Domain Authority ?
Non, aucune de ces métriques n'appartient à Google ni n'entre dans son classement. Ce sont des scores calculés par des éditeurs d'outils à partir de leur propre exploration du web, qui est nécessairement partielle. Ils servent à comparer rapidement des sites entre eux, ce qui est utile, et à rien d'autre. Un site au score élevé n'est pas mieux vu par Google, il est mieux vu par l'outil qui a produit le score.
Quel est un bon ratio Trust Flow sur Citation Flow ?
Au-dessus de 0,5, la proportion entre confiance et volume de liens est habituelle. Nettement en dessous, cela signifie que le site reçoit beaucoup de liens dont peu inspirent confiance, ce qui est le profil typique d'un site poussé artificiellement. Ce ratio est un signal d'alerte utile, pas un critère de sélection : un site parfaitement propre sur une niche peu liée peut afficher un ratio moyen sans rien avoir à se reprocher.
Comment repérer un score d'autorité gonflé ?
En regardant d'où viennent les liens du site, plutôt que le score lui-même. Trois signaux ne trompent pas : une majorité de liens venus de quelques domaines seulement, une thématique de liens sans aucun rapport avec le contenu du site, et un profil qui a explosé sur une courte période. Ajoutez-y le test le plus simple de tous : le site reçoit-il un trafic de recherche réel ? Un site à fort score sans aucune visibilité organique n'a d'existence que dans les outils.
Quelle métrique regarder en priorité pour évaluer un lien ?
Le trafic organique estimé du site, et surtout celui de la page exacte qui portera le lien. C'est le seul indicateur qui suppose que Google lui-même classe ce site, alors que tous les scores d'autorité ne mesurent que des liens entrants. Une page qui reçoit des visites de Google est une page que Google juge digne d'être montrée, ce qu'aucun score d'autorité ne garantit.
Combien de domaines référents faut-il ?
La question utile n'est pas combien dans l'absolu, mais combien par rapport aux sites déjà classés sur vos requêtes. Relevez le nombre de domaines référents des cinq premiers résultats : vous obtenez l'ordre de grandeur à atteindre sur ce marché précis, et il varie du simple au centuple selon les secteurs. Notez au passage que le nombre de domaines distincts compte bien davantage que le nombre total de liens.
Faut-il désavouer les liens de mauvaise qualité ?
Dans la très grande majorité des cas, non. Google déclare ignorer de lui-même les liens sans valeur, et l'outil de désaveu est explicitement réservé aux situations où une action manuelle a été notifiée ou lorsqu'on sait qu'un profil artificiel a été construit. Désavouer par précaution fait courir le risque inverse : couper des liens qui apportaient quelque chose, sans aucun bénéfice mesurable en échange.

Sources