Les cinq critères, et rien d'autre

1. La thématique. 2. Le trafic réel du site. 3. Son positionnement : sur quelles requêtes, combien de pages et de mots-clés dans le top 20, et la stabilité de la courbe. 4. Le nombre de domaines référents. 5. La qualité de ces domaines référents. Tout le reste, Trust Flow et compagnie, relève du marketing d'éditeur d'outils : c'est un chiffre pratique à afficher dans un catalogue, il ne dit pas ce que le lien vaut.

L'achat de liens fonctionne toujours très bien

Corde tressée, image d'un lien solide entre deux sites

Autant l'écrire franchement, puisque c'est ce que j'observe et que je suis des deux côtés du marché : je travaille chez Semjuice, et je vends aussi des liens sur mes propres sites. Acheter des backlinks reste terriblement efficace, à une condition, et c'est toute la question : acheter les bons sites.

Or les bons sites ne sont presque jamais ceux qui affichent les plus grosses métriques. C'est même souvent l'inverse, pour une raison mécanique.

Le paradoxe des grosses métriques. Sur un catalogue, les domaines aux meilleurs scores sont fréquemment ceux qu'un éditeur a montés ou rachetés pour les vendre. Le principe est simple : on prend un domaine, on le bombarde de liens jusqu'à faire grimper les indicateurs, on le remplit de contenu produit en série, et on vend des emplacements à trente clients dans trente secteurs différents. Le site coche toutes les cases des filtres, ne reçoit aucun visiteur, et ne transmet quasiment rien. Les sites qui déplacent réellement des positions affichent souvent des scores plus modestes : ce sont de vrais sites, avec de vrais lecteurs, que personne n'a jamais cherché à faire briller dans un outil.

La conséquence pratique est agréable : les sites qui fonctionnent sont souvent moins chers, puisque le prix d'un catalogue est indexé sur des scores que ces sites n'ont pas. Le travail consiste donc à trier soi-même, sur les cinq critères ci-dessus, plutôt qu'à filtrer sur un indicateur et à payer le supplément qui va avec.

L'anatomie d'un lien

Une fois le site retenu, reste à juger l'emplacement. Chacun de ces éléments modifie ce que le lien transmet réellement.

ÉlémentCe qu'il apporteLe signe que ça ne va pas
Le site sourceSon trafic, son positionnement, son sujetUn site sans lecteurs, ou qui parle de tout : signature d'une ferme à liens
La page exacteSon propre trafic, ses propres liens entrantsUne page créée le jour même, que rien ne relie au reste du site
La proximité du sujetLe critère le plus discriminantUn article sur la cuisine qui cite un plombier
La position dans la pageDans le corps du texte, en début plutôt qu'en finPied de page, barre latérale, bloc « nos partenaires »
Le texte autourIl donne du contexte au lienUn lien parachuté au milieu d'un paragraphe sans rapport
L'ancreElle décrit ce qu'on trouvera au boutUne ancre commerciale exacte, sur un profil qui en compte déjà beaucoup
Le nombre de liens sortantsLa valeur se partage entre euxUne page qui pointe vers trente sites différents
Les attributsSuivi, nofollow, sponsoredPayer le prix du suivi pour recevoir du nofollow
La duréeUn lien qui resteUn lien retiré au bout de six mois, ce qui arrive plus souvent qu'on ne croit

Le test qui tranche

Quand l'hésitation persiste devant une offre, une seule question suffit et elle règle presque tous les cas.

« Ce site aurait-il pu me citer de lui-même ? »

Si la réponse est oui, vous achetez un raccourci vers une citation qui aurait fini par arriver : le lien s'insère naturellement, il a du contexte, et personne ne peut affirmer qu'il a été payé. Si la réponse est manifestement non, vous n'achetez pas une citation, vous louez un emplacement, et cela se voit dans la page. C'est un lien qui coûte de l'argent et qui prend un risque, pour un rendement faible.

Je le formule ainsi parce que je suis des deux côtés du marché : je travaille chez Semjuice, et je vends aussi des liens sur mes propres sites. Ce que j'observe en permanence, c'est que les liens qui fonctionnent sont ceux qui auraient pu exister sans transaction. Les autres remplissent des tableaux de suivi et ne déplacent rien.

La grille d'évaluation d'une offre

Un catalogue de sites vous donne un nom de domaine, une thématique et un prix. Voici ce qu'il faut vérifier avant de valider, et cela prend un quart d'heure par site.

ContrôleComment faireRenoncez si
Le site est-il positionné ?Trafic estimé, requêtes sur lesquelles il ressort, nombre de pages et de mots-clés dans le top 20Aucune visibilité organique malgré un bon score affiché
Sa courbe est-elle stable ?L'historique de trafic sur deux ou trois ansUne chute verticale suivie d'une remontée soudaine : domaine repris et poussé
D'où viennent ses propres liens ?Nombre de domaines référents, et cinq d'entre eux ouverts au hasardDes annuaires, des fermes de liens, ou trois domaines qui fournissent tout
Que publie-t-il vraiment ?Ouvrir cinq articles au hasardTextes génériques, sujets sans lien entre eux, aucun auteur identifiable
Combien de liens sortants par article ?Ouvrir trois articles et compterChaque article pointe vers plusieurs sites commerciaux différents
Les articles récents ressemblent-ils aux anciens ?Comparer une publication d'il y a trois ans à une d'aujourd'huiLe site a visiblement changé de nature pour vendre des liens
Le lien sera-t-il suivi ?Le demander par écrit, et vérifier après publicationLa réponse est floue, ou le contrôle après coup révèle un nofollow
Sur quelle page exactement ?Demander l'adresse avant paiementArticle créé pour l'occasion, orphelin, relié à rien
Combien de temps le lien reste-t-il ?Le faire préciserAucun engagement, ou une durée limitée non annoncée au départ

Le point le plus souvent négligé est celui de la page orpheline. Un article publié pour porter votre lien, mais qu'aucun autre contenu du site ne mentionne, ne reçoit ni visiteurs ni valeur du reste du domaine. Le lien existe, il ne transmet quasiment rien. Voir les pages orphelines.

Ce que ça coûte, et pourquoi

En France, un lien éditorial sur un site correct se négocie couramment entre 80 et 400 euros, et davantage sur des sites à forte audience dans des secteurs disputés. Les écarts s'expliquent moins par la qualité que par la rareté : un site qui refuse la plupart des demandes peut demander ce qu'il veut.

Le calcul qui compte n'est pas le prix affiché, c'est le prix rapporté à l'effet. Un lien à 40 euros sur un site que personne ne lit coûte plus cher qu'un lien à 250 euros sur une page qui reçoit des visites chaque jour, parce que le premier ne produit rien. Et méfiez-vous de la corrélation inverse : sur beaucoup de catalogues, le prix suit les scores affichés, pas l'audience réelle. On paie donc un supplément pour des indicateurs, pendant que de vrais sites, mieux placés et moins bien notés, restent accessibles.

Voir acheter des backlinks pour le fonctionnement du marché, et quantité et fréquence pour le rythme.

Netlinking

Savoir combien de liens il vous faut, et lesquels

Cela se déduit du profil des sites qui vous devancent, pas d'un budget décidé à l'avance. Je regarde d'abord l'écart réel avant de proposer quoi que ce soit.

Voir le netlinking

Analyse de l'écart avec les concurrents, et plan d'acquisition.

Les liens qu'on n'achète pas

Les meilleurs liens sont ceux que l'on n'a pas demandés, et ils ne s'obtiennent pas en écrivant mieux : ils s'obtiennent en publiant autre chose. On ne cite pas une explication, on cite une source.

Voir link baiting et les formats qui attirent des liens.

Les erreurs qui reviennent

Questions fréquentes

Qu'est-ce qui fait la valeur d'un backlink ?
Cinq critères, et rien d'autre : la proximité thématique entre le site qui vous cite et le vôtre, son trafic réel, son positionnement (sur quelles requêtes, combien de pages et de mots-clés dans le top 20, et la stabilité de sa courbe), le nombre de domaines qui le citent, et la qualité de ces domaines. Les scores d'autorité vendus par les éditeurs d'outils ne figurent pas dans cette liste : ils se fabriquent, et un score élevé signale souvent un site poussé exprès pour vendre des liens.
L'achat de backlinks fonctionne-t-il encore ?
Oui, et très bien, à condition d'acheter les bons sites. C'est là que se joue toute la différence : les sites qui déplacent réellement des positions sont rarement ceux qui affichent les meilleures métriques. Ces derniers sont fréquemment des domaines montés ou rachetés par des éditeurs, gonflés de liens pour bien paraître dans les catalogues, sans lecteurs et sans positionnement. Un vrai site de la thématique, positionné sur de vraies requêtes et cité par de vrais domaines, transmet infiniment plus, et coûte souvent moins cher.
Un lien en nofollow a-t-il une valeur ?
Il ne transmet pas d'autorité, mais il n'est pas inutile pour autant. Il apporte du trafic quand la page est lue, il rend la marque visible, et un profil composé uniquement de liens suivis paraît en soi anormal. Depuis 2019, Google traite d'ailleurs ces attributs comme des indications et non comme des directives absolues. Le seul vrai problème serait de payer le prix d'un lien suivi pour recevoir un lien nofollow sans le savoir.
Combien coûte un bon lien en France ?
La fourchette courante va de 80 à 400 euros pour un lien éditorial sur un site correct, et elle monte bien au-delà sur des sites à forte audience dans des secteurs disputés. Ce qui fait le prix n'est pas le score affiché mais l'audience réelle du site et la difficulté d'y obtenir une place. Un lien à 40 euros sur un site sans lecteurs coûte en réalité plus cher qu'un lien à 250 euros sur une page qui reçoit des visites tous les jours.
Quelle ancre choisir pour un backlink ?
Celle qui aurait été écrite si personne n'avait payé. Dans un profil naturel, la majorité des ancres sont des noms de marque, des adresses de site ou des formulations quelconques du type « selon cet article ». Les ancres commerciales exactes existent aussi, mais elles restent minoritaires. Un profil composé pour moitié d'ancres exactes ne ressemble à rien de spontané, et c'est l'un des signaux les plus simples à détecter.
Vaut-il mieux beaucoup de liens ou peu de bons liens ?
Peu de bons liens, et la réponse n'est même pas serrée. Le nombre de domaines distincts compte davantage que le nombre de liens, et la qualité de chaque domaine compte davantage que leur nombre. Dix liens contextuels depuis des sites vivants de votre thématique déplacent des positions que cent liens d'annuaires ne déplaceront jamais, pour un coût total souvent inférieur.
Comment savoir si un lien a fonctionné ?
En notant la date de mise en ligne et en surveillant les positions de la page ciblée sur les deux à six mois qui suivent, jamais sur quelques semaines. L'effet d'un lien met du temps à se lire, et il se confond avec tout ce que vous faites par ailleurs. C'est pourquoi il faut acquérir les liens par petits lots datés plutôt que tous en même temps : sans cela, aucune lecture n'est possible.

Sources