L'essentiel, en trois lignes
Le Domain Authority est une note inventée par un éditeur d'outils, calculée sur son propre index de liens. Google ne la connaît pas et ne l'utilise pas. Elle sert à comparer rapidement des sites entre eux avec un critère cohérent, ce qui est utile pour trier. Elle ne prédit aucune position, et elle se fabrique : c'est même le modèle économique des sites créés pour revendre des liens.
Ce que c'est exactement
Le Domain Authority, abrégé DA, est une note de 0 à 100 créée par Moz, un éditeur américain d'outils SEO. Elle estime la capacité d'un domaine à se positionner, à partir de l'analyse de son profil de liens dans l'index que Moz a constitué.
Trois caractéristiques en découlent, et elles expliquent tous les malentendus.
- C'est une note propriétaire. Elle appartient à Moz, comme le Domain Rating appartient à Ahrefs et le Trust Flow à Majestic. Chacun calcule la sienne à sa façon.
- Elle repose sur les liens, presque exclusivement. Ni la qualité du contenu, ni la pertinence thématique, ni l'audience réelle n'entrent significativement dans le calcul.
- L'échelle est logarithmique. Passer de 20 à 30 demande un effort sans commune mesure avec celui d'aller de 60 à 70. Comparer des écarts de points n'a donc pas de sens.
Pourquoi Google ne s'en sert pas
La réponse tient en une phrase : Google n'y a pas accès. Cette note est calculée par une entreprise tierce, à partir d'un index tiers, avec une méthode propriétaire. Google dispose de son propre index, incomparablement plus large, et de ses propres signaux.
Il ne s'agit donc pas de savoir si Google accorde « peu de poids » au DA : la question ne se pose pas, il ne le voit tout simplement pas. Un site peut afficher un DA de 70 et ne se positionner sur rien, ou un DA de 15 et dominer sa niche.
La confusion d'origine
Elle vient du PageRank, que Google affichait publiquement jusqu'au milieu des années 2010 sous forme d'une note de 0 à 10. Le marché s'était habitué à disposer d'une note officielle. Quand Google a cessé de la publier, les éditeurs d'outils ont proposé leurs propres notes pour combler le vide, et l'habitude est restée. Le DA a hérité de la crédibilité d'un indicateur qui, lui, venait vraiment de Google.
Le problème central : ça se fabrique
C'est le point qui devrait suffire à relativiser l'usage qu'on en fait. Puisque la note se calcule à partir du profil de liens, il suffit d'accumuler des liens pour la faire monter, y compris depuis des sites sans aucune valeur.
C'est exactement le modèle des sites créés pour revendre des liens. On monte un site, on lui construit un profil en quelques mois, la note grimpe, et on vend des liens en affichant ce chiffre comme argument commercial. La note est le produit, pas la preuve.
La conséquence est déplaisante mais logique : sélectionner un support sur sa seule note revient à choisir précisément les sites optimisés pour tromper ce réflexe. Les meilleurs supports, eux, ont souvent des notes moyennes parce que personne n'a travaillé à les gonfler.
Des indicateurs qui déclenchent une décision
Une note d'éditeur ne paie aucune facture. Ce qui compte, ce sont les requêtes qui amènent des clients et les pages qui peuvent basculer en première page.
Je remplace les scores par des chiffres sur lesquels on peut agir.
DA, DR, Trust Flow : trois notes, trois éditeurs
| Note | Éditeur | Ce qu'elle mesure | Particularité |
|---|---|---|---|
| Domain Authority | Moz | Capacité estimée d'un domaine à se positionner | La plus connue, notamment aux États-Unis |
| Domain Rating | Ahrefs | Force du profil de liens | La plus utilisée en France, sur l'index le plus frais |
| Trust Flow | Majestic | Proximité avec un noyau de sites de confiance | Se lit avec le Citation Flow, et se décline par thématique |
| Authority Score | Semrush | Note composite intégrant aussi le trafic estimé | Un peu moins dépendante des seuls liens |
Ces notes ne sont pas comparables entre elles. Un site peut obtenir 45 chez l'un et 28 chez l'autre : ce n'est pas qu'un des deux se trompe, c'est qu'ils ne mesurent pas la même chose sur des index différents. Exiger « un DA supérieur à 40 » d'un vendeur qui travaille avec un autre outil ne veut donc rien dire.
Le test qui met tout le monde d'accord
Passez le même site dans deux outils différents et comparez les notes. L'écart que vous constaterez vous dira mieux que n'importe quel argument à quel point ces chiffres sont des opinions d'éditeurs plutôt que des mesures objectives. Si ces notes reflétaient une réalité, elles convergeraient.
À quoi ça sert quand même
Ne jetons pas l'outil avec l'argument : ces notes ont un usage légitime, à condition de savoir lequel.
- Trier vite un grand volume. Face à trois cents supports proposés, la note permet d'en écarter les deux tiers en quelques minutes. C'est un filtre grossier, et c'est très bien ainsi.
- Comparer des concurrents entre eux. À condition d'utiliser le même outil pour tous, l'écart entre votre note et celle des sites qui vous devancent donne un ordre de grandeur du chemin à parcourir.
- Suivre sa propre évolution. Se comparer à soi-même dans le temps, avec le même outil, reste cohérent : la méthode de calcul étant constante, la tendance est lisible.
- Repérer une anomalie. Un site tout neuf avec une note élevée raconte forcément quelque chose. Ce n'est pas un verdict, c'est une invitation à creuser.
Ce qu'elle ne sert jamais à faire : décider seule. Une note se vérifie toujours en ouvrant le site.
Ce que je regarde à la place
Quand je qualifie un support avant d'y acquérir un lien, la note n'intervient qu'en tout premier filtre. Le reste compte bien davantage.
- 1. Le site ressort-il sur quelque chose ?
Ses mots-clés positionnés dans un outil. Proche de zéro malgré une belle note, l'affaire est close : il n'a rien à transmettre.
- 2. Trois articles pris au hasard
Dans les archives, pas la page d'accueil qui est toujours soignée. Trois publi-rédactionnels sur des sujets sans rapport vous donnent la réponse en deux minutes.
- 3. La cohérence thématique
Le site parle-t-il vraiment de votre univers ? Un lien pertinent depuis un petit site vaut mieux qu'un lien hors sujet depuis un gros.
- 4. L'historique du profil
Une construction progressive, ou un bloc à une date précise ? C'est ce qui distingue un site qui a vécu d'un site qui a été monté pour vendre.
La grille complète en dix points est sur acheter des backlinks.
Faut-il chercher à augmenter son DA ?
Non, et poursuivre ce chiffre est un excellent moyen de prendre de mauvaises décisions.
Le DA est une conséquence, pas un objectif. Si vous produisez du bon contenu et obtenez des liens réels, il montera tout seul. Si vous le visez directement, vous serez tenté d'accumuler des liens pour le chiffre plutôt que pour leur valeur, ce qui produit exactement le profil que les moteurs savent le mieux repérer.
Un cas concret que je vois régulièrement : un client fier d'avoir fait monter sa note de 18 à 32 en six mois, sans que son trafic ait bougé d'un pourcent. Il a payé pour un chiffre. Les indicateurs qui méritent votre attention sont sur ma page KPI SEO.