Deux dates suffisent à comprendre le sujet

Deux dates ont changé le sujet. Le 4 décembre 2023, Google a retiré le test mobile-friendly et le rapport Ergonomie mobile. Le 5 juillet 2024, il a achevé le passage de tout l'index au robot smartphone. Conséquence pratique : il n'y a plus de badge à décrocher, et ce que votre version mobile ne contient pas n'existe pour personne. La priorité n'est plus l'affichage, c'est la parité de contenu.

Site web responsive affiché sur smartphone avec menu adapté et zones de clic confortables

Deux dates qui ont changé la question

Beaucoup de contenus sur le sujet, y compris récents, décrivent un monde qui n'existe plus. Voici ce qui s'est réellement passé.

DateCe qui a changéLa conséquence pour vous
4 décembre 2023Retrait du test mobile-friendly, de son API et du rapport Ergonomie mobile de la Search ConsolePlus de verdict binaire. Google renvoie vers PageSpeed Insights et Lighthouse, qui mesurent au lieu de juger.
12 mars 2024INP remplace FID parmi les signaux Web essentielsLa réactivité se mesure sur toutes les interactions, plus seulement sur la première. Le mobile est le terrain où l'écart se voit le plus.
5 juillet 2024Fin de la bascule vers l'indexation mobile, les derniers sites encore explorés en version bureau passant au robot smartphoneIl n'existe plus une seule exception. La version mobile est la source unique de l'index.

Ce que le retrait du test signifie exactement demande une précision, parce que les deux lectures fausses circulent. Non, mobile-friendly n'est pas devenu sans importance : Google l'a explicitement maintenu dans ses recommandations d'expérience de page. Et non, il ne reste pas un signal isolé qu'on pourrait optimiser à part : il a été absorbé dans des mesures plus larges, la performance et l'accessibilité.

Le vrai risque : la parité de contenu

C'est le poste de perte le plus coûteux du sujet, et il est invisible depuis un ordinateur. Google indexe ce que le robot smartphone reçoit. Tout ce qui n'y figure pas est perdu, y compris pour les recherches faites sur un écran large.

Les recommandations officielles se résument à quatre exigences, et chacune casse d'une façon différente.

Replier n'est pas masquer. Un texte placé dans un accordéon ou un onglet est bien dans le HTML : il est indexé normalement, et cela n'a rien de pénalisant. Ce qui pose problème, c'est le contenu chargé au clic par une requête JavaScript, ou tout bonnement absent de la version mobile. La distinction est simple à vérifier : affichez le code source de la page mobile et cherchez votre texte. S'il y est, tout va bien.

Les critères qui restent, avec leurs seuils

Puisqu'il n'y a plus d'outil qui les récite, autant les avoir sous la main. Ce sont ceux que je contrôle systématiquement.

CritèreLe seuilCe que je vois casser
Balise viewportwidth=device-width, initial-scale=1Absente sur les vieux thèmes, ou assortie d'un maximum-scale qui interdit le zoom, ce qui est aussi un défaut d'accessibilité
Taille du corps de texte16 px minimum sur mobileDu 13 ou 14 px hérité d'une maquette bureau, illisible sans zoom
Cibles tactiles24 × 24 px CSS au minimum selon le critère WCAG 2.2 2.5.8 (niveau AA) ; 48 × 48 px avec 8 px d'écart dans les contrôles LighthouseDes menus dont les entrées se touchent, et des icônes de partage collées les unes aux autres
Pas de défilement horizontalAucun élément plus large que la fenêtreUn tableau, une image ou un bloc de code à largeur fixe. Le tableau se règle avec un conteneur en overflow-x: auto
InterstitielsRien qui masque le contenu à l'arrivée depuis la rechercheLes fenêtres de consentement mal conçues, qui recouvrent la page entière et se ferment mal au pouce

Le Flash, qu'on lit encore dans des listes de critères, est un sujet clos depuis fin 2020, date à laquelle Adobe a arrêté le support et où les navigateurs ont retiré le lecteur. Si votre page en contient encore, le problème n'est pas mobile, il est que plus personne ne peut la lire.

Les Core Web Vitals se mesurent sur mobile

C'est là que se joue l'essentiel du travail aujourd'hui, et les valeurs de terrain qui comptent sont celles collectées sur des visiteurs mobiles, avec leurs appareils et leurs réseaux réels, pas les scores de laboratoire obtenus sur une machine de bureau.

MétriqueCe qu'elle mesureSeuil « bon »Ce qui la dégrade sur mobile
LCPLe délai d'affichage du plus gros élément visible2,5 s ou moinsUne image d'en-tête non dimensionnée pour mobile, un CSS bloquant, un serveur lent. Voir PHP et le temps de réponse.
INPLa réactivité à l'ensemble des interactions200 ms ou moinsDu JavaScript qui monopolise le fil principal. Les processeurs de téléphones milieu de gamme encaissent beaucoup moins bien qu'un ordinateur.
CLSLes déplacements de mise en page pendant le chargement0,1 ou moinsDes images sans width et height, des polices qui provoquent un ressaut, des bannières insérées après coup.

Le passage de FID à INP le 12 mars 2024 a mécaniquement fait chuter beaucoup de sites qui étaient au vert. FID ne mesurait que le délai de la première interaction, INP prend l'ensemble et retient les plus mauvaises. Un site avec un menu ou un filtre lourd en JavaScript passait à travers l'ancien indicateur et ne passe plus. Voir les Core Web Vitals pour le détail des optimisations.

Comment tester, maintenant que l'outil n'existe plus

Quatre moyens, du plus proche de la vérité au plus commode.

  1. 1. L'inspection d'URL de la Search Console

    C'est le seul endroit qui montre le HTML réellement reçu par le robot smartphone, avec la capture du rendu. Si votre texte n'y est pas, il n'est pas indexé, et aucune autre mesure ne compte. C'est mon premier réflexe sur un site dont les positions ont chuté après une refonte.

  2. 2. PageSpeed Insights, section données de terrain

    Les Core Web Vitals de vos vrais visiteurs mobiles sur 28 jours, quand le site a assez de trafic. Les scores de laboratoire affichés en dessous sont utiles pour diagnostiquer, pas pour évaluer : ils viennent d'une simulation.

  3. 3. Lighthouse en mode mobile

    Il signale les cibles tactiles trop petites, le texte trop fin, le viewport manquant et les problèmes de contraste. C'est le remplaçant fonctionnel du test retiré, en plus détaillé.

  4. 4. Un vrai téléphone, en 4G

    Non négociable, et ce n'est pas un conseil de principe. Le mode appareil des outils de développement simule une taille d'écran, pas un processeur lent, pas une latence réseau, pas un pouce. La moitié des problèmes d'interface que je remonte à un client se voient en trente secondes sur un téléphone et sur aucun émulateur.

Les erreurs que je vois le plus souvent

Le sous-domaine mobile oublié. Les vieilles configurations avec un m. distinct sont un piège permanent : contenus qui divergent, canoniques mal posées, redirections qui envoient toutes les pages vers l'accueil mobile. Un site responsive supprime le problème plutôt qu'il ne le gère.

La version mobile allégée. Retirer du contenu pour gagner en vitesse revient à retirer ce qui vous positionne. La bonne réponse est de charger moins d'octets, pas moins de texte.

Le menu qui masque tout. Une navigation dépliante mal conçue peut recouvrir le contenu principal ou piéger le défilement. C'est aussi le premier endroit où les cibles tactiles sont trop rapprochées.

La bannière de consentement. Elle arrive avant tout le reste, elle décale la mise en page, et sa croix de fermeture fait souvent moins de 24 pixels. Elle dégrade le CLS et l'expérience du même geste.

Les images non dimensionnées. Deux attributs, width et height, suppriment l'essentiel du CLS. C'est la correction la plus rentable de toute la liste. Voir l'optimisation des images.

Questions fréquentes

Le test mobile-friendly de Google existe-t-il encore ?
Non. Google a retiré le 4 décembre 2023 le test mobile-friendly, son API et le rapport Ergonomie mobile de la Search Console. Les outils qui affichent encore un badge mobile-friendly ne parlent plus au nom de Google. Les remplaçants officiels sont PageSpeed Insights et Lighthouse, qui mesurent la performance et l'accessibilité plutôt que de rendre un verdict binaire.
Mobile-friendly est-il encore un critère de classement ?
Il n'y a plus de signal mobile-friendly isolé, mais la question ne se pose plus dans ces termes. Depuis le 5 juillet 2024, Google explore et indexe la totalité des sites avec son robot smartphone. Ce que votre version mobile ne montre pas n'est pas indexé, pour tout le monde, y compris pour les recherches faites depuis un ordinateur. Ce n'est plus un critère parmi d'autres, c'est la source de l'index.
Quelle taille minimale pour un bouton sur mobile ?
Deux références coexistent. Le critère 2.5.8 des WCAG 2.2, de niveau AA, fixe un minimum de 24 par 24 pixels CSS pour une cible de pointage, avec des exceptions pour les liens en ligne dans un texte. Lighthouse, lui, retient historiquement 48 par 48 pixels avec 8 pixels d'écart entre deux cibles. En pratique je vise 44 à 48 pixels sur les éléments qui comptent, boutons d'action et navigation, et je réserve les 24 pixels aux liens secondaires.
Peut-on masquer du contenu derrière un accordéon sur mobile ?
Oui. Un contenu replié dans un accordéon ou un onglet reste présent dans le code HTML, donc indexé normalement. Le problème n'est pas le repli, c'est l'absence : du texte chargé uniquement au clic par une requête JavaScript, ou purement retiré de la version mobile, n'existe pas pour l'index. La règle qui compte est la parité : la version mobile doit contenir le même texte, les mêmes titres et les mêmes données structurées que la version bureau.
Comment tester son site sur mobile aujourd'hui ?
Par quatre moyens complémentaires. L'inspection d'URL de la Search Console montre le HTML réellement reçu par le robot smartphone, c'est le test le plus proche de la vérité. PageSpeed Insights donne les Core Web Vitals mesurés sur vos vrais visiteurs mobiles. Lighthouse en mode mobile signale les problèmes d'accessibilité et de cibles tactiles. Et un vrai téléphone, en 4G et pas en Wi-Fi, révèle des choses qu'aucun émulateur ne montre.

Sources