Un signal léger, à traiter comme tel
Google écrit noir sur blanc que les noms de fichiers lui donnent des indices très légers sur le sujet d'une image. Bien nommer reste gratuit et se fait au moment de l'enregistrement : minuscules, tirets, sans accent, descriptif et court. En revanche, ne renommez jamais un parc existant : le gain est marginal et le coût, lui, est réel. Les vrais leviers du référencement d'images sont ailleurs.
Ce que Google dit exactement
La documentation officielle sur Google Images recommande des noms de fichiers courts mais descriptifs, avec l'exemple my-new-black-kitten.jpg opposé à IMG00023.JPG. Elle ajoute, et la plupart des articles l'omettent, que ces noms ne fournissent que des indices très légers sur le sujet de l'image.
Cette formulation est à prendre au sérieux, parce qu'elle situe le levier. Le nom de fichier n'est pas un facteur de classement à optimiser, c'est un signal d'appoint dans un faisceau où d'autres éléments pèsent nettement plus lourd.
| Signal | Poids réel | Ce que Google en dit |
|---|---|---|
| Le contexte de la page | Le plus élevé | Placer les images près du texte pertinent, sur des pages dont le sujet correspond |
| L'attribut alt | Élevé | Descriptif et en contexte. L'exemple donné oppose alt="chiot" à alt="chiot dalmatien qui rapporte une balle" |
| La légende et le texte environnant | Moyen | Explicitement cité comme source de contexte |
| Le nom de fichier | Faible | Des indices très légers |
| Le sitemap image | Découverte, pas classement | Sert à faire trouver des images qui ne le seraient pas autrement |
| Les données structurées | Affichage | Permet les badges et résultats enrichis dans Google Images |
La conséquence pratique de ce classement. Une image impeccablement nommée sur une page hors sujet ne se positionnera pas. Une image mal nommée dans un article pertinent, avec un alt correct et du texte autour, le peut très bien. Quand un client me demande de faire remonter ses photos dans Google Images, je commence donc par regarder les pages qui les portent, pas les fichiers.
Les règles de nommage, pour les nouveaux fichiers
Elles sont simples et se prennent une fois pour toutes au moment de l'enregistrement, ce qui est le seul moment où elles ne coûtent rien.
| Règle | À éviter | À faire |
|---|---|---|
| Descriptif et précis | image1.jpg, DSC_0042.JPG | formation-yoga-lyon.jpg |
| Des tirets entre les mots | formationyogalyon.jpg, formation_yoga_lyon.jpg | formation-yoga-lyon.jpg |
| Tout en minuscules | Formation-Yoga-Lyon.jpg | formation-yoga-lyon.jpg |
| Sans accent ni caractère spécial | réparation-vélo-nîmes.jpg | reparation-velo-nimes.jpg |
| Court | photo-de-notre-magnifique-formation-de-yoga-a-lyon.jpg | formation-yoga-lyon.jpg |
| Sans numérotation en série | produit-1.jpg à produit-240.jpg | Le nom du produit, même s'il est long à générer |
Sur les majuscules, la raison est technique plutôt que SEO : les serveurs Linux distinguent la casse, pas Windows. Un fichier enregistré Photo.JPG et appelé photo.jpg dans le code fonctionne en local et renvoie une 404 en production. C'est un incident classique de mise en ligne, et il se règle en n'utilisant jamais de majuscules.
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Tirets ou underscores, la vraie réponse
Le sujet traîne depuis presque vingt ans et il est régulièrement mal résumé dans les deux sens.
La recommandation de Google n'a pas changé : utilisez des tirets. L'explication donnée par Gary Illyes est technique et courte, le moteur ne segmentant pas facilement sur l'underscore. Un fichier formation_yoga_lyon.jpg risque d'être traité comme une seule chaîne, là où les tirets produisent trois mots distincts.
Mais l'écart est mince, et John Mueller déconseille explicitement de rediriger des URL existantes uniquement pour cela. C'est la partie que les articles omettent, et c'est la plus utile : la bonne pratique s'applique à ce que vous créez, pas à ce que vous avez déjà.
Pourquoi ne pas renommer un parc existant
C'est la question qui revient dès qu'un client découvre que ses trois mille photos s'appellent IMG_ quelque chose. La réponse est non, et elle repose sur un bilan coût-bénéfice qui n'est pas ambigu.
- Renommer change l'URL du fichier. L'ancienne image sort de l'index, avec son historique et ses éventuelles positions dans Google Images. La nouvelle repart de zéro.
- Toutes les références cassent : les pages qui affichent l'image, les articles d'autres sites qui la lient, les flux, les caches. Sans redirection 301 image par image, ce sont autant de 404.
- Le gain attendu est qualifié de très léger par Google lui-même. Payer des redirections et une perte d'historique pour un signal d'appoint est un mauvais échange.
Les deux exceptions que je fais : lors d'une refonte où les URL changent de toute façon et où le plan de redirections existe déjà, et pour un petit nombre d'images stratégiques, une dizaine au maximum, sur lesquelles un enjeu identifié le justifie. Voir la redirection 301 et la perte de trafic en refonte.
Nom de fichier et attribut alt ne font pas le même travail
Ils se ressemblent et servent deux choses différentes, ce qui explique qu'ils ne s'écrivent pas pareil.
L'attribut alt s'adresse d'abord aux personnes qui utilisent un lecteur d'écran, et il décrit ce que montre l'image pour quelqu'un qui ne la voit pas. C'est une obligation d'accessibilité avant d'être un signal de référencement, et c'est pour cela qu'il doit être une phrase, pas une liste de mots-clés.
Le nom de fichier s'adresse à la machine et gagne à être court et factuel. Dans la pratique, cela donne veste-cuir-noir-homme.jpg pour le fichier et « Veste en cuir noir pour homme, coupe cintrée, portée de trois quarts » pour l'alt.
Une image purement décorative, elle, prend un alt vide, alt="", ce qui indique au lecteur d'écran de la sauter. C'est la bonne pratique, et elle est souvent inversée par des extensions qui remplissent automatiquement l'alt avec le nom du fichier. Voir l'attribut alt.
L'ordre dans lequel je prends les images
Je regarde quatre choses, dans cet ordre, et le nom de fichier arrive en dernier. D'abord le poids : un fichier de deux mégaoctets coûte du LCP, et c'est le seul point qui touche au classement de la page elle-même. Ensuite les attributs width et height, dont l'absence dégrade le CLS. Puis les alt, en cherchant les vides sur des images informatives et les remplis sur des images décoratives. Et enfin les noms, que je corrige uniquement sur les nouveaux fichiers. Le détail du premier point est dans le poids des images et l'optimisation des images.
Le trafic Google Images, et ce qu'il vaut
Une remarque de terrain pour finir, parce qu'elle change les priorités. Le trafic issu de Google Images existe, il peut être important sur certains secteurs, la décoration, la cuisine, la mode, le tourisme, et il est proche de zéro sur beaucoup d'autres, notamment les services aux entreprises.
Avant d'investir du temps dans le référencement d'images, ouvrez la Search Console et filtrez le rapport de performances sur le type de recherche « Image ». Le chiffre qui s'affiche vous dira en trente secondes si le sujet mérite une heure ou une semaine. Sur la plupart des sites de services que j'audite, il justifie une heure. Voir aussi le sitemap image, utile surtout quand les images sont chargées en JavaScript.
Questions fréquentes
Sources
- Google Search Central, bonnes pratiques Google Images : noms de fichiers courts et descriptifs, qualifiés d'indices très légers, exemples d'attributs alt et rôle du contexte de page.
- Position de Google sur les séparateurs de mots : explications publiques de Gary Illyes sur la segmentation, et recommandation de John Mueller de ne pas rediriger d'URL existantes pour ce motif.