Ce qu'il faut retenir

Les évaluateurs de qualité ne notent pas les sites, ils notent des pages d'exemple pour mesurer la qualité globale des résultats et valider les changements d'algorithme. Aucune de leurs notes ne remonte vers un site. Leur document de consignes, lui, est public et constitue la meilleure description disponible de ce que Google vise. On y trouve l'objectif que l'algorithme cherche à atteindre, jamais son fonctionnement, ce qui en fait une bonne grille de relecture et une mauvaise recette technique.

Beaucoup d'éditeurs croient encore qu'un évaluateur peut sanctionner leur site. D'autres, à qui on a expliqué que non, en concluent que le document ne les concerne plus du tout. Les deux se trompent, et pour la même raison, à savoir qu'on ne sait pas très bien ce que ces personnes font de leurs journées.

Le travail réel des évaluateurs

Évaluation de documents, travail des évaluateurs de qualité

Des milliers d'évaluateurs, recrutés dans le monde entier, reçoivent des requêtes et des pages de résultats. Ils notent, en suivant un document de consignes très détaillé, et leurs notes sont agrégées.

Ces notes servent d'abord à savoir si la qualité des résultats progresse ou régresse dans le temps. Elles servent ensuite à valider un changement d'algorithme, en comparant les évaluations rendues avant et après la modification. Quand les notes baissent, le changement reste dans les cartons.

Aucune note ne redescend jusqu'à votre site. Il n'existe aucun mécanisme qui prendrait l'évaluation attribuée à votre page et l'appliquerait à votre classement. Les notes sont agrégées pour produire une statistique sur la qualité d'ensemble des résultats, et rien d'autre n'en sort. Si votre site perd des positions, la cause est ailleurs.

Les deux échelles qu'ils utilisent

Le document distingue deux évaluations complètement différentes, et les confondre rend sa lecture confuse.

La qualité de la page. Elle s'apprécie indépendamment de toute requête, sur une échelle allant du plus bas au plus haut. Elle dépend de l'objectif de la page, de la qualité et de la quantité de son contenu principal, et de la réputation de celui qui l'édite.

L'adéquation à la requête. Elle mesure si la page répond à ce que la personne cherchait, en tenant compte de l'intention et du contexte. Une page excellente mais hors sujet obtient une bonne note de qualité et une mauvaise note d'adéquation.

Cette double lecture est celle que je reprends le plus souvent en audit, parce qu'elle sépare deux problèmes qu'on mélange sans arrêt : « cette page est-elle bonne » et « cette page répond-elle à cette requête ». Le second relève de l'intention de recherche.

Contenu et sémantique

Des pages qui répondent vraiment à ce que cherchent vos clients

Je repère les pages à écrire et celles à reprendre à partir des requêtes réelles, je les produis ou je les fais produire, puis je mesure ce qui progresse. C'est le cœur de mes accompagnements mensuels. Comptez de 300 à 1 500 € par mois selon le périmètre.

Je regarde votre site avant de répondre. Réponse sous 24 h en semaine.

Ce qui fait chuter une note de qualité

Le document est très explicite sur ce qui vaut la note la plus basse, et les cas décrits ne sont pas des figures de style. On croise ces pages tous les jours.

CaractéristiqueCe que ça désigne concrètement
Objectif nuisibleLa page existe pour tromper, extorquer ou nuire
Objectif dissimuléCe qu'elle annonce et ce qu'elle fait ne coïncident pas
Contenu principal absent ou inexploitableUne page vide, ou dont le contenu n'a rien à voir avec le titre
Éditeur non identifiable sur un sujet sensibleAucune information sur qui écrit ni sur qui édite
Réputation négative avéréeCe que d'autres sources indépendantes disent de l'éditeur

Sur la réputation, le document demande explicitement aux évaluateurs d'aller chercher ce qu'on dit du site ailleurs, hors du site lui-même. Avis, articles de presse, forums professionnels, discussions spécialisées. C'est une des rares occurrences documentées où la réputation externe entre formellement dans une évaluation de Google.

Ce que le document dit de la compétence et de la fiabilité

C'est de ce document que viennent les critères regroupés sous le sigle E-E-A-T : expérience, expertise, autorité, fiabilité. Ces quatre mots décrivent ce que les évaluateurs doivent chercher dans une page, et l'algorithme essaie ensuite de les approcher par des signaux mesurables. Aucun d'eux ne correspond donc à un facteur de classement au sens technique du terme.

La fiabilité est présentée comme le critère central, dont les trois autres sont des composantes. L'ordre a des conséquences pratiques, puisqu'une page écrite par un expert reconnu peut rester peu fiable si elle est périmée ou si son objectif commercial est dissimulé. Le sujet est développé sur ma page consacrée à l'E-E-A-T.

L'expérience vécue a été ajoutée plus récemment, et beaucoup d'éditeurs y gagnent. Avoir réellement utilisé un produit, réellement visité un lieu, réellement traversé une situation constitue une légitimité reconnue, même sans diplôme sur le sujet.

Le lien avec les sujets à fort enjeu

Le document consacre une place importante aux sujets susceptibles d'affecter la santé, l'argent, la sécurité ou la vie civique. Sur ces pages, l'exigence de fiabilité monte fortement, et les manques qui seraient tolérables ailleurs deviennent disqualifiants.

Plus une information erronée peut faire de dégâts, plus le niveau de preuve attendu est élevé. Ce raisonnement, et les quatre catégories de préjudice retenues, sont détaillés sur ma page consacrée aux sujets YMYL.

Les fuites de documentation interne

Le document officiel n'est pas la seule source publique sur le fonctionnement interne de la recherche. Des fuites de documentation technique ont circulé ces dernières années, et elles alimentent beaucoup de discussions dans le métier. J'y regarde à deux fois avant d'en tirer quoi que ce soit.

D'abord parce que ces documents ne disent pas ce qu'on leur fait dire. Une liste de noms de champs internes indique qu'une donnée est collectée quelque part, pas qu'elle entre dans le classement, ni avec quel poids, ni depuis quand. Entre « ce champ existe » et « ce facteur compte », il y a un raisonnement que la fuite ne fournit pas.

Ensuite parce que, même en supposant l'interprétation juste, la plupart de ces éléments ne se traduisent en aucune action pour un éditeur. Savoir qu'un signal comportemental est mesuré ne dit pas comment l'améliorer autrement qu'en faisant une meilleure page.

Je continue donc de m'appuyer sur le document officiel malgré son caractère non technique, parce qu'un objectif décrit noir sur blanc se traduit en heures de travail sur des pages précises, ce qu'une liste de variables internes ne permet jamais.

Comment je m'en sers en pratique

Personne n'a besoin de lire ce document en entier. Il dépasse les cent cinquante pages et il est écrit pour former des évaluateurs, pas pour conseiller des éditeurs. En revanche, ses questions font une excellente grille de relecture.

  1. Quel est l'objectif de cette page ? S'il n'est pas énonçable en une phrase, la page a un problème avant même qu'on parle de référencement.
  2. Qui l'a écrite, et pourquoi cette personne ? Un nom, une qualification, une page qui existe.
  3. Sur quoi s'appuie-t-elle ? Des sources, des chiffres datés, une expérience vécue. Ou rien, ce qui se voit.
  4. Qui édite le site, et comment vit-il ? Mentions claires, modèle économique lisible, partenariats commerciaux identifiés.
  5. Que dit-on de ce site ailleurs ? La question que personne ne se pose sur son propre site, et que les évaluateurs ont pour consigne de poser.

Comptez une demi-heure par page pour répondre à ces cinq questions honnêtement. Les cases restées vides désignent le travail à faire, souvent plus directement qu'un audit technique.

Questions fréquentes

Les quality raters peuvent-ils faire baisser mon site ?
Non. Leurs notes ne remontent vers aucun site en particulier et n'ont aucun effet direct sur un classement. Elles servent à mesurer la qualité globale des résultats et à valider les changements d'algorithme, en comparant les notes avant et après une modification.
À quoi sert le document de consignes ?
C'est la description la plus détaillée et la plus officielle de ce que Google entend par une page de qualité. On y trouve l'objectif que l'algorithme essaie d'atteindre, jamais la mécanique qui l'y conduit, ce qui en fait une grille de relecture utile et une recette technique inexistante.
Que notent réellement les évaluateurs ?
Deux choses distinctes. La qualité de la page, sur une échelle allant du plus bas au plus haut, en fonction de son objectif, de son contenu principal et de la réputation de son éditeur. Et l'adéquation du résultat à la requête, qui mesure si la page répond à ce que la personne cherchait.
Qu'est-ce qu'une page notée au plus bas niveau ?
Une page nuisible, trompeuse ou sans aucun objectif utile : contenu qui induit en erreur, absence totale d'information sur l'éditeur sur un sujet sensible, ou page dont le but réel diffère de ce qu'elle annonce. Une page simplement médiocre ou mal écrite ne descend jamais jusque-là, le niveau le plus bas étant réservé aux pages qui causent un préjudice.
Comment se servir de ce document en pratique ?
Comme d'une grille de relecture. On prend une page importante et on se pose les questions du document : quel est son objectif, qui l'a écrite, sur quoi s'appuie-t-elle, l'éditeur est-il identifiable. Les réponses manquantes désignent le travail à faire, sans qu'il soit besoin de le lire en entier.

Sources