L'essentiel, en trois lignes
Un lien est suivi par défaut : il n'existe aucune valeur à ajouter pour cela. « Dofollow » désigne simplement un lien qui ne porte pas d'attribut restrictif comme nofollow, sponsored ou ugc. Et surtout, cette absence ne garantit aucune valeur : ce qui compte, c'est d'où vient le lien, dans quel contexte, et pourquoi il a été posé.
Un mot qui décrit une absence
En HTML, un lien s'écrit simplement, et par défaut les moteurs le suivent et lui accordent une valeur. C'est le comportement de base, celui qui n'a besoin d'aucune déclaration. Écrire rel="dofollow" dans votre code ne produit rigoureusement aucun effet : la valeur n'est reconnue par aucune spécification et ignorée par les moteurs.
Le mot est né par symétrie. Quand l'attribut nofollow est apparu en 2005, il a bien fallu nommer les liens qui ne le portaient pas. Le milieu a forgé « dofollow », et l'usage s'est installé au point que beaucoup croient à un vrai attribut. C'est un terme de conversation, pas de code.
Cette nuance n'est pas de la pédanterie. Elle a une conséquence pratique directe : quand un éditeur vous promet « un lien en dofollow », il ne vous promet rien d'autre que de ne pas ajouter d'attribut restrictif. C'est le minimum, pas un service.
| Ce qu'on écrit | Ce que ça fait |
|---|---|
Un lien sans attribut rel |
Suivi par défaut. C'est le lien dit « dofollow » |
rel="dofollow" |
Rien du tout. Valeur inexistante, purement ignorée |
rel="nofollow" |
Indique de ne pas accorder de crédit au lien |
rel="sponsored" |
Signale un lien payé ou publicitaire |
rel="ugc" |
Signale un lien issu d'un contenu créé par les utilisateurs |
Les trois dernières valeurs sont documentées par Google, et elles se combinent : on peut écrire rel="ugc nofollow" pour cumuler les deux indications. Le détail des deux dernières est traité sur les attributs sponsored et ugc.
Depuis 2019, ce ne sont plus des ordres
Un changement important est passé largement inaperçu, alors qu'il modifie la façon de raisonner. En septembre 2019, Google a annoncé que nofollow, sponsored et ugc ne seraient plus traités comme des directives strictes mais comme des indices : le moteur en tient compte, mais se réserve la liberté de les interpréter.
Ce traitement s'applique au classement depuis le 10 septembre 2019, et à l'exploration comme à l'indexation depuis le 1er mars 2020. La logique invoquée est simple : les liens portent une information utile, y compris ceux qu'on a marqués, et s'en priver totalement appauvrissait la compréhension du web par le moteur.
Conséquence pour vous : la frontière entre lien suivi et lien marqué n'est plus étanche. Un lien marqué peut être pris en compte, et un lien non marqué peut très bien ne rien apporter. Raisonner en tout ou rien sur cette base n'a plus de sens depuis des années.
Un lien suivi ne vaut pas forcément quelque chose
L'absence d'attribut ne garantit rien. Ce qui compte est l'endroit d'où vient le lien, son contexte, et s'il aurait existé sans que vous le demandiez.
Trois minutes par support évitent des mois d'erreur et de budget perdu.
Ce qui détermine réellement la valeur d'un lien
Puisque l'absence d'attribut ne garantit rien, voici les facteurs qui comptent effectivement, par ordre d'importance décroissante d'après ce que j'observe.
| Facteur | Pourquoi il pèse | Comment le juger |
|---|---|---|
| La pertinence thématique | Un lien depuis un site du même univers a bien plus de sens qu'un lien depuis un site sans rapport | Le site parle-t-il vraiment de votre sujet, ou de tout et n'importe quoi ? |
| La confiance du site source | Un lien depuis un site reconnu vaut mille liens depuis des sites inconnus | Majestic ou Ahrefs pour comparer, puis l'oeil pour trancher |
| La place dans la page | Un lien inséré dans un texte lu n'a pas le même poids qu'un lien en pied de page | Le lien est-il là où quelqu'un pourrait réellement cliquer ? |
| L'ancre | Elle décrit à quoi mène le lien, et donne du contexte au moteur | Descriptive et naturelle, sans répétition mécanique du mot-clé |
| Le nombre de liens sortants de la page | Une page qui pointe vers deux cents sites répartit très peu vers chacun | Comptez-les : une page d'annuaire n'a pas grand-chose à donner |
| Le trafic réel de la page | Une page que personne ne lit envoie peu de signaux, quels qu'ils soient | La page est-elle positionnée sur quelque chose ? |
| La raison de la pose | Un lien mérité et un lien acheté ne racontent pas la même histoire | Auriez-vous eu ce lien sans payer ? |
Remarquez que l'attribut n'apparaît nulle part dans cette liste. Ce n'est pas un oubli : c'est un prérequis binaire, pas un critère de qualité. Un lien suivi depuis une page morte d'un site sans confiance vaut moins qu'une mention marquée depuis une référence de votre secteur.
Le test qui remet les idées en place
Avant d'acquérir un lien, posez-vous cette question : si ce lien n'apportait aucun bénéfice pour le référencement, le voudriez-vous quand même ? Si la réponse est oui, parce que la page est lue par vos clients potentiels, c'est probablement un bon lien. Si la réponse est non, vous êtes en train d'acheter une métrique, et les métriques finissent toujours par se dévaluer.
Où trouve-t-on des liens suivis, naturellement
Certains contextes posent des liens suivis par défaut, d'autres les marquent systématiquement. Savoir lesquels évite de perdre du temps.
- Les articles éditoriaux qui citent une source. C'est le cas de référence, et le plus difficile à obtenir : il faut mériter la citation.
- Les pages de ressources et de partenaires, quand elles sont tenues à la main.
- Les sites institutionnels, associatifs, universitaires, qui n'ont souvent aucune politique de marquage parce que le sujet ne les préoccupe pas.
- Les annuaires professionnels sérieux de votre secteur, ceux qui vérifient qui ils référencent.
À l'inverse, les commentaires de blog, les profils de forum, les plateformes contributives et la majorité des grands réseaux sociaux marquent leurs liens automatiquement. Ce n'est pas une raison pour les négliger, mais c'en est une pour ne pas construire une stratégie dessus.
Comment en obtenir
Je ne vais pas vous vendre de recette miracle : l'acquisition de liens est le chantier le plus lent du référencement. Voici néanmoins ce qui fonctionne durablement.
- Produire ce qui se cite tout seul
Une donnée originale, un outil gratuit, une méthode documentée, un comparatif à jour. On ne cite pas un article de plus sur un sujet déjà traité mille fois. Voir le link baiting.
- Réparer les liens cassés du secteur
Repérez les pages de votre thématique qui pointent vers des ressources disparues, et proposez la vôtre en remplacement. Le service rendu est réel, ce qui rend la demande légitime.
- Exister là où votre secteur se rassemble
Annuaires professionnels, fédérations, partenaires, fournisseurs, clients. Ces liens ne sont pas spectaculaires, mais ils sont cohérents et durables.
- Publier ailleurs, quand c'est justifié
Un article de fond sur un site de votre secteur, écrit pour ses lecteurs et non pour le lien. Si le contenu ne tient pas debout sans le lien, l'opération est vide.
Sur les liens payés, soyons clairs
L'achat de liens destiné à manipuler le classement contredit les règles de Google, qui demande de marquer les liens payés en sponsored. C'est une pratique répandue et je ne vais pas prétendre l'ignorer, mais elle comporte un risque que vous portez seul. Si vous y allez, exigez au minimum de savoir où, sur quels sites et avec quelles ancres : un prestataire qui refuse de vous le dire vous fait porter un risque dont il ne répondra pas. Le sujet est développé sur acheter des backlinks.
Questions fréquentes
Sources : documentation Google Search Central sur la qualification des liens sortants (valeurs sponsored, ugc, nofollow et leur combinaison) ; annonce Google du 10 septembre 2019 « Evolving nofollow », traitement en tant qu'indices pour le classement à cette date et pour l'exploration et l'indexation à compter du 1er mars 2020.