Ce qu'il faut retenir
Copilot s'appuie sur l'index de Bing. Le travail à faire est donc celui qu'on fait déjà pour Bing, et il tient en trois points : être accessible à Bingbot, servir le contenu dans le HTML initial, et écrire des passages qui tiennent seuls. Un chiffre à connaître avant d'investir : 80 % des pages les plus citées par Copilot perdent des clics, avec une médiane de −43 %. Être cité protège la marque, cela ne ramène pas mécaniquement des visiteurs.
Copilot désigne aujourd'hui plusieurs choses chez Microsoft : un assistant intégré au système d'exploitation, un panneau dans le navigateur, une couche conversationnelle sur le moteur de recherche, et un ensemble de fonctions dans la suite bureautique. Du point de vue d'un éditeur de site, une seule question compte : quand cet assistant répond en citant des sources web, d'où viennent ces sources ?
D'où viennent ses sources
De l'index web de Microsoft, celui que construit Bingbot. C'est la différence fondamentale avec les autres assistants, et une bonne nouvelle, puisqu'il n'existe pas d'index Copilot séparé qu'il faudrait conquérir par des moyens propres.
Un site mal exploré par Bingbot ne peut donc pas être cité, quelle que soit la qualité de son contenu. En France, cette situation se rencontre plus souvent qu'on ne l'imagine, précisément parce que Bing pèse peu en audience directe et que personne ne vérifie jamais son accès.
Interrogez votre site en vous présentant comme Bingbot. Deux minutes suffisent, et c'est ce contrôle qui explique la moitié des absences que je constate. Il faut ensuite confirmer dans les journaux du serveur que le robot passe réellement, l'appel manuel ne suffisant pas à le prouver. Les raisons pour lesquelles il se fait bloquer sont détaillées sur ma page consacrée à Bingbot.
Ce qui permet d'apparaître dans une réponse
Une fois l'accès réglé, trois conditions déterminent la reprise, et elles se cumulent.
- Le contenu doit être dans le HTML initial. Les robots des assistants n'exécutent pas le JavaScript, ou très mal. Un contenu affiché après exécution des scripts n'existe pas pour eux. C'est la cause technique la plus fréquente d'absence, et elle est traitée sur ma page JavaScript et SEO.
- Les passages doivent être autonomes. Un assistant reprend un paragraphe, pas une page. Un paragraphe qui commence par « comme nous l'avons vu plus haut » est inutilisable. Un paragraphe qui énonce un fait complet, avec son chiffre, sa date et son périmètre, est repris tel quel.
- Les entités doivent être nommées. Écrire « notre solution » ne dit rien à un modèle. Écrire le nom de l'entreprise, celui du produit, celui de la ville, permet le rapprochement avec le reste de ce qu'il connaît.
Ces trois conditions n'ont rien de spécifique à Copilot. Elles valent pour l'ensemble des moteurs génératifs, ce qui rend le travail rentable, puisqu'il sert plusieurs destinations à la fois. J'en détaille la méthode sur ma page consacrée au GEO.
Ce que les pages les plus citées ont perdu
Le chiffre qui suit contredit l'intuition, et je le sors avant toute discussion de budget.
Clément Reynaud, chez Pixalione, a publié en mai 2026 une mesure sur les pages les plus citées par Copilot. 80 % d'entre elles perdent des clics sur Bing, avec une médiane de −43 %. Autrement dit, plus une page est utile au moteur, plus elle est reprise, et moins elle reçoit de visiteurs.
Le mécanisme n'a rien de mystérieux. Un assistant qui reprend correctement une réponse dispense l'utilisateur d'aller la lire à la source. C'est exactement le phénomène mesuré sur les AI Overviews de Google, et il joue ici de la même façon.
| Ce qu'on espère | Ce que les mesures montrent | Ce qu'il reste |
|---|---|---|
| Être cité amène des visiteurs | Les pages les plus citées perdent des clics | Une présence de marque dans la réponse, sans visite |
| La citation remplace le classement | Elle s'y ajoute, sans le compenser en volume | Un canal supplémentaire, pas un substitut |
| Le trafic se mesure comme le reste | Il n'apparaît que dans le rapport referral | Une mesure à mettre en place à part |
Il reste tout à fait pertinent d'y travailler, à condition de viser autre chose que des sessions. Ce qu'on va chercher dans une réponse d'assistant, c'est de figurer comme la référence sur son sujet, avec le nom de la marque énoncé au moment où quelqu'un se renseigne. C'est une visibilité de notoriété, comparable à une citation dans un média, et elle ne se compte pas en sessions.
Comment le mesurer
Deux instruments, aucun n'est celui qu'on utilise d'habitude.
Le rapport de trafic referral. Les visites venues de Copilot y arrivent sous les domaines de Microsoft. Un segment regroupant ces domaines permet de les suivre dans le temps, et surtout d'observer leur comportement, ces visiteurs arrivant avec une intention déjà formée qui justifie d'examiner leur taux de conversion à part. La méthode est décrite sur ma page consacrée au trafic referral.
L'interrogation directe. On définit une liste d'une vingtaine de questions que vos clients posent réellement, on les pose à l'assistant à intervalles réguliers, et on note qui est cité. C'est artisanal, c'est le seul moyen de savoir où vous en êtes, et cela donne une information qu'aucun outil ne fournit aujourd'hui de façon fiable.
Le Copilot qui lit vos documents internes
Sous le même nom coexistent deux produits qui n'ont pas le même moteur, et la confusion entre les deux fait dérailler une réunion sur deux.
Le Copilot public répond en s'appuyant sur l'index web. C'est celui qui nous occupe ici, et c'est le seul sur lequel un travail de référencement a une prise.
Le Copilot d'entreprise, intégré à la suite bureautique, répond en s'appuyant sur les documents de l'organisation : messages, fichiers partagés, espaces de travail. Il ne consulte pas votre site, et aucune optimisation externe n'a d'effet sur lui. En revanche, il pose une question interne que je vois arriver de plus en plus souvent. Ce qui traîne dans les espaces partagés devient consultable par toute l'entreprise, y compris des versions périmées de documents que personne n'avait pensé à archiver.
Ce n'est pas du référencement, mais c'est le genre de sujet qui arrive sur la table au milieu d'une discussion sur la visibilité, et il vaut mieux savoir de quoi on parle.
Faut-il bloquer les robots d'IA
La question revient à chaque fois, et elle n'a pas de réponse unique. Elle dépend de ce que vous vendez.
Un éditeur dont le modèle repose sur les pages vues perd des deux côtés, puisque son contenu alimente les réponses et que ces réponses lui prennent ses visiteurs. Le blocage se défend, et plusieurs grands médias l'ont choisi.
Une entreprise de services est dans la situation inverse. Elle ne vend pas des pages vues, elle vend une prestation. Être citée comme référence sur son sujet vaut mieux qu'être absente, même si la visite n'a pas lieu. Bloquer revient alors à se retirer d'un endroit où ses concurrents seront cités à sa place.
Reste une nuance technique. Le blocage d'un robot d'entraînement et celui d'un robot de citation ne se font pas avec les mêmes directives. Confondre les deux conduit régulièrement à bloquer la citation en croyant protéger l'entraînement, ce qui est le pire des deux mondes.
Questions fréquentes
Sources
- Microsoft, outils pour les webmasters Bing, exploration et indexation
https://www.bing.com/webmasters/about - Microsoft, vérification de l'identité de Bingbot
https://www.bing.com/webmasters/help/how-to-verify-bingbot-3905dc26 - Clément Reynaud (Pixalione), pages les plus citées par Copilot et perte de clics sur Bing, mai 2026. Publication non archivée à une adresse stable, citée d'après relevé.
- Relevés d'interrogation directe réalisés par mes soins sur des listes de questions clientes. Consulté le 27 août 2026.