L'essentiel, en trois lignes
Le seul critère qui détermine le risque est simple : vos adresses changent-elles ? Si oui, c'est une opération sérieuse qui exige un plan de redirections complet. Si non, le risque est faible. Et la règle qui évite le plus de dégâts : ne cumulez jamais plusieurs changements le même jour, vous perdriez la capacité de comprendre ce qui a échoué.
Les quatre types, et leur risque réel
| Type | Les adresses changent ? | Risque | Ce qui décide du résultat |
|---|---|---|---|
| Changement de domaine | Toutes | Élevé | Redirections exhaustives et déclaration du changement d'adresse |
| Changement de structure d'URL | Toutes ou presque | Élevé | Le tableau de correspondance, page par page |
| Passage en HTTPS | Toutes, par le protocole | Moyen | Redirections en une seule étape et absence de contenu mixte |
| Changement de CMS | Pas forcément | Variable | Le fait de conserver ou non les adresses existantes |
| Changement d'hébergeur | Non | Faible | Disponibilité pendant la bascule et propagation des noms de domaine |
| Refonte de design seule | Non | Faible | Ne pas amputer les contenus au passage |
La lecture de ce tableau tient en une phrase : le risque suit les adresses. Changer d'hébergeur en gardant tout le reste est une opération d'exploitation. Changer de domaine est un projet à part entière.
La faute qui empêche tout diagnostic
Changer de domaine, de structure, de design et de contenu le même jour. C'est fréquent, parce que « tant qu'on y est ». Si le trafic chute, vous ne saurez jamais laquelle des quatre causes est en jeu, et vous corrigerez à l'aveugle pendant des mois. Séparez les chantiers, en laissant quelques semaines de stabilisation entre chacun. C'est le conseil qu'on suit le moins et qu'on regrette le plus.
Ce qui doit exister avant la bascule
Trois documents. S'ils n'existent pas, la migration n'est pas prête, quel que soit l'avancement du reste.
- 1. L'inventaire complet des adresses actuelles
Obtenu en croisant trois sources : un crawl complet avec Screaming Frog, l'export de la Search Console sur 16 mois, et votre sitemap. Les trois, car aucune n'est exhaustive : la Search Console révèle des pages que le crawl ne trouve pas, notamment des pages orphelines qui reçoivent pourtant du trafic.
- 2. Le tableau de correspondance
Une ligne par ancienne adresse, avec sa destination réelle. C'est le document central. Règle absolue : chaque page vers son équivalent, jamais un renvoi massif vers l'accueil, qui équivaut à supprimer vos pages tout en croyant les sauver.
- 3. Le point de référence chiffré
Un instantané la veille : trafic organique, positions sur vos requêtes suivies, nombre de pages indexées, impressions et clics par page. Sans ce point zéro, toute discussion ultérieure tournera à l'impression. C'est le livrable le plus vite négligé et le plus regretté.
Ajoutez une sauvegarde complète et restaurable de l'ancien site, à conserver plusieurs mois. Elle sert autant à revenir en arrière qu'à retrouver le contenu d'une page qu'on découvrira amputée trois semaines plus tard.
Une migration se prépare, elle ne se rattrape pas
Inventaire des adresses, tableau de correspondance, point de référence chiffré : ces trois documents doivent exister avant la bascule, jamais après.
Je cadre le plan et je surveille les semaines qui suivent la mise en ligne.
Le cas du changement de domaine
C'est l'opération la plus délicate, parce que vous transférez une notoriété entière d'une adresse à une autre. Quelques points spécifiques.
- Déclarez les deux domaines dans la Search Console avant la bascule, l'ancien comme le nouveau.
- Mettez en place les redirections page à page, en une seule étape. C'est le socle : l'outil de changement d'adresse ne les remplace pas.
- Utilisez l'outil de changement d'adresse de la Search Console, prévu exactement pour ce cas. Il accélère la prise en compte, il ne fait pas le travail à votre place.
- Conservez l'ancien domaine et ses redirections indéfiniment. Le laisser expirer annule tout le transfert, et c'est une erreur qu'on ne rattrape pas.
- Prévenez vos partenaires les plus importants pour qu'ils actualisent leurs liens. Les redirections font le travail, mais un lien direct vaut mieux qu'un lien redirigé.
Le jour de la bascule
Le déroulé compte autant que la préparation.
- Basculez en début de semaine et en période creuse. Jamais un vendredi : les problèmes sérieux apparaissent dans les 48 à 72 heures.
- Dans l'heure, vérifiez le robots.txt, l'absence de balise
noindexhéritée de la préproduction, et un échantillon de redirections. Ces trois contrôles attrapent les catastrophes. - Le jour 1, envoyez le nouveau sitemap et faites inspecter vos pages principales.
- Les jours 2 à 7, surveillez quotidiennement les erreurs d'exploration : les redirections oubliées se manifestent surtout après quelques jours.
La panne la plus fréquente et la plus brutale reste le blocage de préproduction laissé en place : le nouveau site interdit lui-même son exploration et disparaît en quelques jours.
Ce qui est normal, et ce qui ne l'est pas
| Ce que vous observez | Normal ? | Que faire |
|---|---|---|
| Baisse de quelques pourcents pendant 2 à 4 semaines | Oui | Patienter et surveiller la courbe d'indexation |
| Positions qui oscillent fortement | Oui, au début | Ne rien changer, laisser le moteur réattribuer |
| Chute de plus de la moitié dès les premiers jours | Non | Vérifier immédiatement robots.txt, noindex et redirections |
| Aucune reprise après six semaines | Non | Chercher la cause, ne pas patienter davantage |
| Nombre de pages indexées qui ne remonte pas | Non | Lire les motifs d'exclusion dans la Search Console |
| Pages qui reviennent progressivement sur 1 à 3 mois | Oui | C'est le scénario attendu d'une migration réussie |
Le diagnostic complet en cas de chute durable est sur perte de trafic après refonte et mon site n'est pas sur Google.