Ce qu'il faut retenir

Monitorank est un outil français de suivi de positions dont l'intérêt tient à trois choses : il couvre plusieurs moteurs au-delà de Google, notamment YouTube et Maps ; il relève les AI Overviews, y compris ceux chargés en différé ; et il inclut le suivi des concurrents sans surcoût. Sa limite est celle de sa catégorie, puisqu'une position ne dit rien de la hauteur à laquelle vous apparaissez dans la page.

Le suivi de positions est une catégorie d'outils qui a mal vieilli. Elle mesure un rang dans une liste, à un moment où la page de résultats n'est plus une liste. Les outils qui restent utiles sont ceux qui ont accepté de relever autre chose que le rang, et c'est le cas ici.

Les moteurs couverts

Suivi quotidien de positions affiché sur un ordinateur portable

C'est le premier point de différenciation, et il compte davantage qu'on ne le croit sur certains marchés.

Moteur suiviQuand ça compte
GoogleToujours, c'est le socle
YouTubeFormation, bricolage, démonstration de produit, tutoriel
Google MapsToute activité de proximité, où le pack local décide de l'appel
BingFaible en direct, structurant par ce qu'il alimente
Yandex, BaiduUniquement si vous visez ces marchés

La ligne YouTube est celle qui surprend le plus les clients. Sur un marché où l'usage se démontre, une vidéo bien placée capte une intention que le texte n'atteint pas, et personne ne la suit. Le sujet est développé sur ma page consacrée aux autres moteurs de recherche.

Le relevé des AI Overviews, et le détail qui compte

L'outil annonce relever les AI Overviews de Google, y compris ceux qui se chargent de façon asynchrone. Peu d'éditeurs prennent la peine de le préciser.

Cette précision n'est pas cosmétique. Sur une part des requêtes, le bloc de réponse est absent du HTML initial et n'apparaît qu'une fraction de seconde plus tard. Un outil qui capture la page trop tôt ne le voit pas, et conclut qu'il n'y a pas d'AI Overview sur cette requête. Le rapport est alors faux dans le sens qui rassure, ce qui est la pire des erreurs de mesure.

Pourquoi cette information vaut le prix de l'abonnement. Savoir qu'une de vos requêtes déclenche un AI Overview change la lecture de tout le reste. Une position 3 sur une requête avec bloc et une position 3 sans bloc n'ont pas la même valeur. Ahrefs mesure un taux de clic de 1,6 % en première position avec AI Overview contre 3,9 % sans. Sans ce relevé, vous suivez une courbe de positions stable pendant que votre trafic s'érode, sans jamais comprendre pourquoi.

L'outil relève par ailleurs les autres blocs de la page : encadré de réponse, pack local, annonces, images, vidéos. C'est ce qui permet de reconstituer à quoi ressemble réellement la page sur laquelle vous apparaissez, plutôt que d'imaginer une liste de dix liens qui n'existe plus.

Le modèle de facturation

L'abonnement dépend du volume de mots-clés suivis, avec une périodicité au choix et une remise croissante selon l'engagement : quelques pourcents au trimestre, davantage au semestre, davantage encore à l'année.

Deux éléments méritent d'être signalés parce qu'ils changent le calcul face à une suite généraliste.

Le suivi des concurrents est inclus. Là où plusieurs suites facturent chaque domaine surveillé, celui-ci ne les compte pas dans le quota. Sur un dossier où l'on observe trois ou quatre concurrents, l'écart devient net.

Une offre gratuite permanente existe. Quelques mots-clés suivis à vie, sans limite de durée. C'est peu, et c'est exactement ce qu'il faut pour vérifier avant de payer que l'outil relève correctement vos requêtes, sur vos moteurs, avec les blocs que vous voulez voir.

L'ordre dans lequel lire un rapport

Un outil bien configuré produit vite plus de données qu'on n'en lit. L'ordre qui suit n'est pas celui de l'interface, et il fait gagner du temps chaque semaine.

D'abord les blocs, pas les positions. L'apparition ou la disparition d'un AI Overview, d'un pack local ou d'une grille de produits sur une requête suivie est l'information la plus lourde de conséquences. Elle explique la moitié des variations de trafic qu'on attribue à tort à un changement de classement.

Ensuite les mouvements de plus de cinq places. En dessous, c'est le bruit habituel de la mesure : géolocalisation, personnalisation, moment de la journée. Suivre une variation de deux places jour après jour revient à mesurer très précisément l'aléa.

Enfin les concurrents, une fois par mois. Pas chaque semaine. Ce qui est intéressant n'est pas leur position mais ce qui change dans leur présence. Une nouvelle page qui apparaît sur plusieurs de vos requêtes signale un chantier chez eux, et c'est une information commerciale autant que technique.

Trois limites à connaître avant de s'abonner

Ce n'est pas une suite complète. Pas d'index de liens entrants, pas de crawl technique, pas de base de mots-clés à explorer. C'est un outil de suivi, il fait une chose et il la fait bien. Il se complète, il ne remplace pas.

La profondeur de relevé se paie. Le relevé standard couvre les cinquante premiers résultats, et aller au-delà entraîne un surcoût. Sur les requêtes où l'on part de loin, c'est une contrainte à intégrer au budget.

Une position reste une position. C'est la limite de la catégorie tout entière, et aucun outil ne la franchit. Le rapport vous dit que vous êtes troisième. Il ne vous dit pas que sur cette page, le troisième résultat organique se trouve aux deux tiers de la hauteur, derrière deux blocs d'annonces et une grille de produits.

Les deux lectures qui vont avec

Un suivi de positions seul donne une image rassurante et incomplète. Deux lectures le complètent, et elles ne coûtent rien.

  1. L'écart entre taux de clic réel et taux attendu. On sort de la Search Console les requêtes où le site est entre la première et la cinquième position, et on compare le taux de clic constaté à celui qu'on obtient habituellement à cette position. Un écart massif signale une page de résultats qui absorbe les clics, avant même qu'une baisse de trafic ne soit visible.
  2. Le trafic referral. Les visites venues des moteurs génératifs n'apparaissent nulle part ailleurs, et surtout pas dans un suivi de positions. La méthode figure sur ma page consacrée au trafic referral.

Le raisonnement complet, avec les mesures qui le fondent, est développé dans mon article sur les bonnes positions qui ne rapportent pas de trafic.

Pour qui c'est le bon choix

Oui pour un consultant ou une agence qui suit plusieurs dossiers français, qui a besoin de relever autre chose que Google, et qui veut voir les blocs plutôt que le seul rang.

Oui pour une entreprise dont le marché passe par la vidéo ou par la recherche locale, deux terrains que les suites généralistes couvrent mal.

Non comme outil unique. Il ne remplace ni un crawler, ni un index de liens, ni une base de mots-clés à explorer.

Non si vous cherchez un chiffre à présenter en réunion sans le commenter. Le rapport de positions est précisément l'indicateur qu'il ne faut plus livrer seul, et un bon outil ne corrige pas une mauvaise façon de rendre compte.

Face aux autres outils de suivi

Le marché du suivi de positions compte une dizaine d'acteurs sérieux, et le choix se fait moins sur la précision du relevé, comparable partout, que sur trois critères pratiques.

Ce qui est relevé au-delà du rang. C'est aujourd'hui le vrai différenciateur. Un outil qui ne rend qu'un nombre laisse le plus important de côté.

Le modèle de facturation. Selon qu'on facture au mot-clé, au domaine ou au relevé quotidien, un même dossier coûte du simple au triple. Le calcul se fait sur votre volume réel, pas sur le prix d'entrée affiché.

L'export. La question qu'on se pose trop tard. Un outil dont on ne peut pas sortir son historique enferme, et les données de positions accumulées sur trois ans sont un actif qu'on ne reconstitue pas.

Sur ces trois critères, la comparaison avec l'autre outil français que je suis figure sur ma page consacrée à Ranks.fr.

Questions fréquentes

Monitorank relève-t-il les AI Overviews ?
Oui, et il annonce relever aussi ceux qui se chargent de façon asynchrone, c'est-à-dire après l'affichage initial de la page. Le point est technique et il compte, car un relevé qui capture la page trop tôt manque le bloc et conclut à tort qu'il n'y en a pas.
Quels moteurs Monitorank couvre-t-il ?
Google, mais aussi YouTube, Google Maps, Bing, Yandex et Baidu, entre autres. C'est sa vraie originalité face aux suites généralistes. Sur un marché où la vidéo ou la recherche locale comptent, un suivi qui ne regarde que les liens bleus laisse de côté l'essentiel.
Comment Monitorank est-il facturé ?
Par abonnement dont le prix dépend du volume de mots-clés suivis, avec un choix de périodicité qui donne droit à une remise croissante. Une offre d'entrée gratuite permet de suivre quelques mots-clés à vie, ce qui suffit à évaluer l'outil sur ses propres requêtes avant de s'engager.
Le suivi des concurrents est-il payant en plus ?
Non, il est inclus. C'est une différence de modèle avec plusieurs suites où chaque domaine surveillé consomme un quota. Sur un dossier où l'on suit trois ou quatre concurrents, l'écart de coût devient significatif.
Un suivi de positions suffit-il à piloter un dossier ?
Non, et c'est vrai de tous les outils de cette catégorie. Une position ne dit pas à quelle hauteur de page vous apparaissez ni ce que la page de résultats absorbe avant vous. Le suivi de positions se complète toujours par la lecture du taux de clic réel dans la Search Console.

Sources