L'essentiel, en trois lignes

Le camel case écrit auditSeoComplet là où une URL devrait écrire audit-seo-complet. Le problème n'est pas esthétique : sur un serveur Linux, /Audit-SEO/ et /audit-seo/ sont deux adresses différentes, servant le même contenu. Doublon, signaux partagés, et rien pour vous prévenir.

Ce que c'est

Le camel case consiste à coller plusieurs mots en marquant chaque nouveau mot par une majuscule, sans espace ni séparateur. Le nom vient de la silhouette en bosses de chameau que dessine la suite de majuscules.

ConventionExempleOù on la rencontre
lower camel caseauditSeoCompletNoms de variables et de fonctions dans de nombreux langages
upper camel case, ou pascal caseAuditSeoCompletNoms de classes
snake caseaudit_seo_completPython, noms de colonnes en base de données
kebab caseaudit-seo-completLes URL, les noms de fichiers, les slugs
screaming snake caseAUDIT_SEO_COMPLETConstantes

La dernière colonne dit tout : chaque convention a son domaine. Le camel case appartient au code, le kebab case au web visible.

Le vrai problème : la sensibilité à la casse

C'est le point technique que la plupart des articles sur le sujet passent sous silence, et c'est le seul qui coûte réellement de l'argent.

Dans une adresse web, le nom de domaine n'est pas sensible à la casse : Exemple.fr et exemple.fr mènent au même endroit. Le chemin qui suit, lui, l'est, sur les serveurs Linux qui hébergent l'immense majorité des sites. Autrement dit :

Le piège du développement sous Windows. Le système de fichiers de Windows ignore la casse : /Audit-SEO/ et /audit-seo/ y donnent le même résultat, et tout fonctionne parfaitement en local. Une fois le site déployé sur un serveur Linux, les liens dont la casse ne correspond pas exactement au nom réel du fichier renvoient une erreur. C'est l'une des sources les plus fréquentes de 404 après une mise en ligne, et l'une des plus déroutantes puisque « ça marchait ».

Ce que le camel case coûte réellement

Soyons précis : Google sait découper des mots collés dans une adresse, et une majuscule ne déclenche aucune sanction. Le coût est ailleurs, et il s'additionne.

ConséquenceAmpleurPourquoi
Contenu dupliqué par la casseRéelleDeux adresses pour un contenu, signaux partagés
404 après un déploiementRéelleDéveloppement sous Windows, production sous Linux
Lisibilité dans les résultatsModéréeUne adresse en mots collés se lit moins vite qu'une adresse à tirets
Liens recopiés de traversModéréeUne adresse qu'on dicte au téléphone se retape avec des erreurs de casse
Découpage des mots par le moteurFaibleGoogle y arrive, mais pourquoi lui demander un effort inutile
Classement directNulleAucune sanction, aucun bonus

Corriger un site qui a des majuscules dans ses URL

La correction se fait en deux temps, et le second est aussi important que le premier.

  1. 1. Recenser

    Un crawl du site, filtré sur les adresses contenant une majuscule. Vérifiez au passage si les versions en minuscules répondent aussi : si oui, le doublon existe déjà.

  2. 2. Rediriger au niveau du serveur

    Une règle qui renvoie de façon permanente toute adresse contenant une majuscule vers sa version en minuscules. Cela règle le sort des liens existants, qui continueront d'arriver pendant des années. Voir redirection 301.

  3. 3. Corriger les liens internes

    C'est l'étape que l'on saute. Si vos propres liens continuent de pointer vers les anciennes formes, chaque visite déclenche une redirection inutile, l'exploration s'alourdit et le gain disparaît en partie. Voir maillage interne.

  4. 4. Vérifier le résultat

    Appelez une ancienne adresse et regardez le code de réponse : une 301 vers la bonne page, en un seul saut. Puis recrawlez pour confirmer qu'aucun lien interne ne passe plus par la redirection.

Deux précautions. La règle de mise en minuscules doit s'appliquer au chemin seulement, jamais aux paramètres : certains jetons et identifiants sont sensibles à la casse et les passer en minuscules les casse. Et sur un site qui a déjà des adresses en minuscules par ailleurs, testez la règle sur un échantillon avant de la généraliser. Voir les URL propres.

Technique

Les doublons ne se voient pas à l'écran

Casse, paramètres, www et sans www, http et https : un même contenu peut exister sous six adresses sans que rien ne le signale. Un crawl les révèle en quelques minutes.

Voir l'audit SEO

Recensement des doublons et plan de correction.

Où le camel case reste utile

Deux cas, et ils sont légitimes.

Dans le code. C'est sa fonction d'origine et la convention de nombreux langages pour les noms de variables, de fonctions et de classes. Rien à redire.

Dans les mots-dièse. Sur les réseaux sociaux, écrire #RéférencementNaturel plutôt que #référencementnaturel rend le mot composé nettement plus lisible, et pas seulement pour l'œil : les synthèses vocales s'appuient sur les majuscules pour repérer les coupures entre les mots. Une longue suite de minuscules collées est prononcée n'importe comment, ce qui rend le mot-dièse inaccessible aux personnes qui utilisent un lecteur d'écran. C'est un vrai argument d'accessibilité, et il est rarement connu.

Les règles pour une adresse propre

Le convertisseur de slug applique toutes ces règles d'un coup et affiche le résultat avant publication.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le camel case ?
C'est une convention d'écriture qui colle plusieurs mots en marquant chaque nouveau mot par une majuscule, sans espace ni séparateur : auditSeoComplet. Le nom vient de la silhouette en bosses de chameau que dessine la suite de majuscules. On distingue le lower camel case, qui commence par une minuscule, et le upper camel case ou pascal case, qui commence par une majuscule. C'est une convention de code, et elle n'a rien à faire dans une adresse web.
Une majuscule dans une URL pose-t-elle un problème ?
Oui, un vrai. Sur un serveur Linux, qui héberge l'immense majorité des sites, la partie chemin d'une adresse est sensible à la casse : /Audit-SEO/ et /audit-seo/ sont deux adresses distinctes qui peuvent servir le même contenu. Vous obtenez alors du contenu dupliqué, des signaux répartis entre deux versions, et des liens entrants qui pointent tantôt vers l'une tantôt vers l'autre, le tout sans que rien ne le signale.
Le camel case nuit-il au référencement ?
Pas directement, et Google sait découper des mots collés dans une adresse. Le coût est ailleurs et il est réel : le risque de doublon lié à la casse, une lisibilité moindre dans les résultats de recherche, des adresses difficiles à dicter et des liens que les gens recopient de travers. Le tiret ne fait pas gagner de position, il évite simplement une série de petits problèmes qui, additionnés, coûtent des clics.
Faut-il des tirets ou des underscores dans une URL ?
Des tirets. Google traite historiquement le tiret comme un séparateur de mots et l'underscore comme un liant : audit_seo est lu comme un seul terme, audit-seo comme deux mots. La recommandation officielle est constante depuis longtemps sur ce point, et c'est l'un des rares détails de forme sur lesquels il n'y a aucune ambiguïté.
Comment corriger un site dont les URL contiennent des majuscules ?
En deux temps. D'abord, une règle au niveau du serveur qui redirige de façon permanente toute adresse contenant une majuscule vers sa version en minuscules, ce qui règle le problème des liens existants. Ensuite, la correction de tous les liens internes du site pour qu'ils pointent directement vers la bonne forme, sans passer par la redirection. Le second point est indispensable : une redirection interne systématique ralentit l'exploration inutilement.
Où le camel case reste-t-il pertinent ?
Dans le code, où il est la convention de nombreux langages pour les noms de variables et de fonctions. Et dans les mots-dièse des réseaux sociaux, où il rend un mot composé lisible pour un œil humain comme pour un lecteur d'écran : une synthèse vocale prononce correctement les mots quand les majuscules marquent les coupures, alors qu'elle bute sur une longue suite de minuscules collées.

Sources