La règle du diagnostic

Ne corrigez jamais avant d'avoir identifié le symptôme. Chaque symptôme désigne une cause, et chaque cause a une correction qui ne marche que sur elle. Le tri complet prend une demi-heure dans la Search Console, et il évite des mois de travail dans la mauvaise direction.

L'arbre, en une lecture

Ce que vous constatezCause la plus probableCe qu'il faut faire
La page n'est pas dans l'indexTechnique ou qualité perçueDébloquer l'indexation, ou étoffer la page
Indexée, zéro impression sur 6 moisRequête inexistante, ou sujet à côtéRevoir la requête visée, pas le texte
Position au-delà de la 30e placeLe sujet est mal couvert, ou l'intention est mauvaiseRéécrire en partant de la page de résultats
Bloquée entre la 10e et la 30e placeCouverture incomplète, maillage interne faibleCompléter, et relier depuis les pages voisines
Bloquée entre la 4e et la 10e placeManque de popularitéDes liens, c'est le seul levier qui déplace cette zone
Bonne position, peu de clicsTitre, description, ou réponse directe de GoogleRéécrire le titre, ou accepter que le clic n'existe pas
Deux pages alternent sur la même requêteCannibalisationFusionner, ou différencier nettement
Elle était bien placée et a chutéUn événement datéDater la chute au jour près avant de toucher à quoi que ce soit

Étape 1 : la page est-elle indexée ?

C'est la question qui commande tout le reste, et c'est celle qu'on saute le plus souvent. Une page non indexée n'existe pas : aucune amélioration de son contenu ne produira quoi que ce soit tant que ce point n'est pas réglé.

Le contrôle prend dix secondes avec l'outil d'inspection d'URL de la Search Console. Il donne trois réponses possibles, et chacune conduit ailleurs.

Réponse de l'outilCe que ça veut direLa suite
URL présente sur GoogleElle est indexéePassez à l'étape 2, le problème est un problème de classement
Découverte, actuellement non indexéeGoogle connaît la page et a choisi de ne pas l'indexerJugement de valeur sur le contenu, pas blocage technique. Voir contenu mince.
Explorée, actuellement non indexéeIl l'a lue et n'en a rien faitMême diagnostic, souvent doublé d'un problème de doublon
Bloquée par le fichier robots.txtVous lui interdisez l'accèsCorrection immédiate, effet en quelques jours
Exclue par une balise noindexVous lui interdisez l'indexationSouvent un reste de préproduction. Voir préproduction et SEO.
Autre page canonique sélectionnéeGoogle considère qu'un doublon fait autoritéVoir contenu dupliqué

Étape 2 : reçoit-elle des impressions ?

Une page indexée qui n'a jamais reçu la moindre impression sur six mois pose une question qui n'est pas celle du référencement : la requête que vous visez existe-t-elle ?

Trois causes, dans l'ordre de fréquence. La requête n'est pas cherchée : le vocabulaire de l'entreprise n'est pas celui des clients, et vous vous positionnez peut-être très bien sur une expression que personne ne tape. La page répond à côté : elle emploie bien les mots, mais elle ne répond pas à ce que les gens attendent en les tapant. Ou la page est trop récente, et il faut simplement attendre.

Le contrôle est direct : ouvrez la Search Console sur seize mois, filtrez sur cette page, et regardez les requêtes réellement associées. Si Google vous montre sur des requêtes qui n'ont rien à voir avec votre cible, vous savez maintenant sur quel sujet il vous classe. Voir choisir ses mots-clés.

Le contrôle de réalité qui économise six mois. Tapez votre requête cible et regardez les cinq premiers résultats. Si ce sont des acteurs installés, des places de marché ou des institutions avec des milliers de domaines référents, cette requête ne vous est pas accessible à court terme, quel que soit votre travail. Prenez-le comme une information : visez les formulations plus précises, installez-vous dessus, et remontez ensuite. Le savoir avant vaut mieux que le découvrir après.

Étape 3 : lire la position, elle désigne le levier

La position moyenne dit précisément ce qui manque, et c'est l'information la plus sous-utilisée de la Search Console.

  1. Au-delà de la 30e place : l'intention ou la couverture

    Google a compris le sujet, et il juge la page très en retrait. Ouvrez les cinq premiers résultats, regardez leur format et ce qu'ils traitent. Neuf fois sur dix, votre page est d'un autre format, ou couvre le tiers du sujet.

  2. Entre la 10e et la 30e : compléter et relier

    La page est légitime mais incomplète. C'est la zone où le travail éditorial paie le plus vite, doublé de liens internes depuis les pages voisines. Voir maillage interne.

  3. Entre la 4e et la 10e : la popularité

    Si votre page traite le sujet aussi bien que celles qui la devancent, ce n'est plus une question de contenu. C'est la zone où les liens font la différence, et c'est la seule où ils la font vraiment.

  4. Dans les trois premiers : travailler le clic

    Le classement est acquis, reste à convertir les impressions en visites. Voir balise title.

Diagnostic

Savoir ce qui bloque avant de dépenser

Contenu, technique ou popularité : les trois chantiers n'ont ni le même coût ni le même délai, et se tromper de levier coûte un semestre. Le tri se fait sur vos données réelles.

Voir l'audit SEO

Seize mois de données, crawl complet, plan d'action priorisé.

Le cas particulier : deux pages sur la même requête

Le symptôme est reconnaissable : sur une requête donnée, tantôt une page apparaît, tantôt une autre, et aucune ne monte franchement. Vos deux pages se partagent ce qui devrait se cumuler, à savoir les liens internes, les liens externes et la compréhension que Google a de votre sujet.

Le repérage se fait dans la Search Console : filtrez sur une requête et regardez la colonne des pages. Si deux adresses y figurent, la cannibalisation est établie.

Deux corrections, selon le cas. La fusion, quand les deux pages répondent réellement à la même intention : on garde la meilleure, on y intègre ce que l'autre apportait, on redirige l'ancienne adresse en 301 et on met à jour les liens internes. La différenciation, quand les intentions sont proches mais distinctes : chaque page se recentre nettement, avec des titres qui ne se ressemblent plus.

Le cas particulier : une chute soudaine

Une page qui était bien placée et qui décroche n'obéit à aucune des logiques précédentes. Il ne s'agit pas d'améliorer quoi que ce soit, il s'agit de trouver ce qui s'est passé, et cela commence toujours par une date.

  1. 1. Dater au jour près

    Search Console en affichage quotidien, jamais hebdomadaire : une courbe lissée décale la date réelle de plusieurs jours.

  2. 2. Comparer avec vos propres actions

    Mise en production, refonte, changement de serveur, modification du robots.txt. C'est la cause la plus fréquente, et personne ne commence par là.

  3. 3. Comparer avec les mises à jour officielles

    Google publie les dates de déploiement de ses mises à jour de classement. Voir lire la volatilité.

  4. 4. Regarder ce qui est passé devant

    Parfois personne n'a rien fait de mal : un concurrent a simplement publié mieux. Ouvrez la requête et regardez qui occupe votre ancienne place.

Voir perte de trafic après une refonte, cause numéro un des chutes brutales.

Les réflexes qui aggravent

Questions fréquentes

Ma page n'apparaît nulle part, par quoi commencer ?
Par vérifier qu'elle est indexée, avant toute autre chose. L'outil d'inspection d'URL de la Search Console donne la réponse en dix secondes : soit la page est connue et indexée, et le problème est un problème de classement, soit elle ne l'est pas, et aucune optimisation de contenu ne servira à rien. Cette distinction commande tout le reste du diagnostic, et c'est pourtant celle qu'on saute le plus souvent.
Ma page reçoit des impressions mais aucun clic, que faire ?
Regardez d'abord sa position moyenne, car deux situations très différentes produisent le même symptôme. Au-delà de la quinzième place, il n'y a pas de problème de clic : personne ne voit la page, et c'est un problème de classement. En bonne position en revanche, le titre et la description sont en cause, ou bien Google répond directement à la requête au-dessus des résultats, auquel cas le clic n'a jamais été proposé au visiteur.
Pourquoi ma page reste-t-elle bloquée en deuxième page ?
Parce qu'il lui manque en général une des deux choses suivantes. Soit la couverture du sujet est incomplète par rapport aux pages classées devant, et cela se corrige en écrivant, soit la page est meilleure que celles qui la devancent et il lui manque de la popularité, ce qui se corrige par des liens. Le test qui départage : ouvrez les cinq premiers résultats et demandez-vous honnêtement si votre page traite mieux le sujet. Si oui, le problème est la popularité.
Deux de mes pages se positionnent sur la même requête, est-ce grave ?
Oui, parce qu'elles se partagent ce qui devrait se cumuler : les liens internes, les liens externes et la compréhension du moteur. Le symptôme classique est une alternance, tantôt l'une tantôt l'autre apparaît, et aucune ne monte vraiment. La correction consiste à fusionner les deux pages en une seule, puis à rediriger l'ancienne adresse, ou bien à différencier nettement leur sujet pour qu'elles ne visent plus la même intention.
Combien de temps avant de conclure qu'une page ne marchera pas ?
Trois à six mois pour une page neuve sur un site déjà installé, davantage sur un domaine récent. Avant ce délai, l'absence de résultat ne prouve rien. Après, si la page n'a jamais reçu la moindre impression, ce n'est pas une question de patience : soit elle n'est pas indexée, soit elle vise une requête que personne ne tape, soit elle répond à côté de ce que les gens cherchent avec ces mots.
Puis-je me positionner sur une requête très concurrentielle ?
Pas à court terme si les cinq premiers résultats sont des acteurs installés avec des milliers de domaines référents, et il vaut mieux le savoir avant d'y consacrer six mois. La stratégie qui fonctionne consiste à viser les formulations plus précises, celles qui expriment un besoin plus spécifique, à s'y installer, puis à remonter progressivement vers la requête générique une fois la légitimité acquise sur le sujet.

Sources